Patrick Mboma et la polémique : Le VAR, allié ou obstacle du football ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Eva | Publié le 08/02/2026 02:02:50

Patrick Mboma et la polémique : Le VAR, allié ou obstacle du football ?

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Le 18 janvier 2026, lors de la finale de la CAN au Maroc entre le Sénégal et le Maroc, un penalty accordé au Maroc et un but refusé au Sénégal ont déclenché des polémiques. Patrick Mboma a estimé que le penalty était justifié tandis qu’il a considéré que l’action du Sénégal aurait dû être validée, estimant qu’Abdoulaye Seck n’avait pas commis de faute sur Achraf Hakimi. Les décisions arbitrales ont pesé sur le résultat du match.

J’assume un point de vue sévère: le VAR, censé apporter clarté, s’est montré défaillant et a amplifié la confusion pendant cette finale. J’ai regardé la même image que des millions de spectateurs et j’ai vu un système qui tergiverse au lieu de trancher, qui hésite faute après faute et qui transforme un spectacle sportif en feuilleton d’arbitrage.

La finale s’est déroulée dans une atmosphère électrique et sous l’œil de la technologie vidéo censée corriger l’erreur humaine, mais qui n’a pas empêché l’indignation collective après l’arbitrage et l’intervention du VAR.

Le VAR devait être le filet de sécurité du football moderne. Il est devenu un pare-feu plein de trous. Techniquement, le système repose sur des caméras, des angles et des opérateurs qui interprètent des images. Humainement, il repose sur des arbitres qui gardent le dernier mot. Pendant la finale, ces deux maillons ont flanché simultanément: la même séquence a donné lieu à des lectures opposées, la marge d’interprétation a été traitée comme une certitude, et la vidéo n’a pas neutralisé le subjectif mais l’a au contraire mis en vitrine.

L’erreur sur le but sénégalais illustre le problème. L’arbitre signale une faute supposée sur Hakimi et annule une action importante. Les ralentis montrent une incapacité à déterminer l’intensité du contact et la temporalité de l’intervention de Seck. Le VAR, au lieu d’éclairer, a validé une hésitation. J’en veux à la manière dont la vidéo, présentée comme implacable, n’a pas imposé un cadre d’analyse strict: angles manquants, replays trop lents, aucun protocole indépendant visible pour statuer rapidement.

Le penalty en faveur du Maroc ajoute une autre couche d’absurde. Brahim Diaz accentue le contact, le corps parle aussi, mais la question n’est pas morale, elle est procédurale. Si le protocole permet à un joueur de transformer un frôlement en faute décisive, alors le protocole est vicié. La VAR a confirmé une interprétation qui ressemble à une paraphrase du geste plutôt qu’à une condamnation objective de l’intention ou de la réalité du contact.

Je refuse l’angélisme technologique: la vidéo ne remplace pas une doctrine claire. Premièrement, le bricolage d’angles et le flux de communication entre arbitre central et équipe VAR créent des failles exploitables par l’incertitude. Deuxièmement, l’absence d’une charte publique et compréhensible pour le grand public sur les critères d’intervention du VAR alimente la colère: les spectateurs ne comprennent pas pourquoi certaines images provoquent une correction et d’autres non. Troisièmement, la pression médiatique et celle des fédérations nationales pèsent sur les décisions; la VAR n’est pas immunisée contre l’influence contextuelle.

Je propose des exigences concrètes, parce que j’en ai marre des discours tièdes: imposer des caméras redondantes sur chaque surface de réparation, garantir la publication des communications audio entre arbitre et VAR pour les matchs majeurs, et instaurer une charte qui limite l’intervention au clair changement d’événement factuel et non à l’appréciation subjective d’un contact. Ces mesures réduiraient l’arbitraire et responsabiliseraient les acteurs.

Le VAR, tel qu’il a été utilisé pendant la finale, ressemble parfois à une assistance vocale incapable de comprendre l’ironie humaine: il répète ce qu’on lui montre sans juger le sens. J’ose une autre comparaison: c’est comme confier la pluie à un parapluie déchiré, espérer qu’il protège et constater qu’il a multiplié les gouttes.

Des études et des rapports d’arbitrage montrent que les taux d’intervention du VAR augmentent les durées de match et fragmentent le jeu sans réduire significativement les erreurs d’interprétation dans les décisions subjectives. Les fédérations qui ont expérimenté la publication des communications audio ont constaté une baisse des soupçons d’injustice, parce que la transparence force la cohérence.

Je garde une colère froide: la technologie n’est pas un prétexte pour abandonner la rigueur humaine mais une obligation pour l’exiger. La finale de la CAN a révélé non seulement des erreurs isolées mais une machine mal réglée qui fabrique de l’injustice en plein spectacle. Si rien n’est changé, le football continuera d’offrir des triomphes et des drames, mais il aura perdu la confiance du public. Je veux une VAR qui tranche vite, qui explique et qui se contente de corriger ce qui est objectivement corrigible, pas un écran qui multiplie les doutes.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Gueye.
Mis en ligne : 08/02/202
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