Transparence absente : Le Sénégal entre innovation et risques sécuritaires - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 08/02/2026 08:02:10

Transparence absente : Le Sénégal entre innovation et risques sécuritaires

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L’arrivée récente de Starlink au Sénégal, couplée à l’acquisition discrète par l’État du logiciel d’espionnage israélien Robin, soulève des questions troublantes sur la transparence et la souveraineté numérique du pays. Si ces technologies promettent des avancées technologiques, leur déploiement dans une nébuleuse d’opacité et de contradictions politiques mérite une vigilance accrue. Nous défendons ici l’idée que cette gestion floue, dénoncée par Mamoudou Ibra Kane et d’autres observateurs, affaiblit la confiance citoyenne et expose le Sénégal à des risques majeurs.

Le Sénégal, traditionnellement engagé en faveur de la cause palestinienne, a historiquement rompu ses relations diplomatiques avec Israël en 1973, avant de les rétablir progressivement. Pourtant, l’acquisition du logiciel Robin, commercialisé par BoldAnalytics (ex-NSO Group, connu pour Pegasus), intervient dans un contexte où le gouvernement affiche publiquement son soutien à la Palestine, tout en nouant des partenariats technologiques avec des entreprises israéliennes controversées. Cette contradiction, ajoutée à l’arrivée de Starlink sans communication claire sur les conditions financières, crée un décalage entre les discours et les actes, et interroge sur les priorités réelles de l’État.

Les révélations sur Robin rappellent les scandales passés liés à Pegasus, utilisé pour espionner journalistes et opposants à travers le monde. Au Sénégal, l’absence de débat public sur l’usage d’un tel outil, présenté à la police nationale, est préoccupante. Parallèlement, Starlink, bien que promettant de connecter un million de Sénégalais gratuitement d’ici juin 2026, soulève des interrogations : les 5 000 kits négociés à tarif préférentiel suffiront-ils à couvrir les besoins, et à quel coût réel pour le contribuable ? Les syndicalistes de Sonatel dénoncent déjà un manque de transparence, tandis que les zones rurales, censées être prioritaires, risquent de rester à l’écart.

Le gouvernement, tout en présidant le Comité ONU pour les droits inaliénables du peuple palestinien, achète un logiciel israélien sans explication. Cette incohérence affaiblit la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale et alimente les suspicions d’un double jeu.

L’Afrique, et le Sénégal en particulier, peinent à développer des infrastructures numériques souveraines. La dépendance à des acteurs étrangers (Starlink, BoldAnalytics) expose les données stratégiques à des juridictions extérieures, comme le Cloud Act américain, et limite la maîtrise nationale des technologies.

Aucune consultation publique n’a précédé ces décisions, alors que ces outils impactent la vie privée, la sécurité nationale et les finances publiques. L’urgence serait de clarifier les objectifs, les coûts, et les garde-fous éthiques.

D’autres pays africains, comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud, ont tenté de renforcer leur souveraineté numérique en développant des data centers locaux et en réglementant l’hébergement des données. À l’inverse, le Sénégal semble reproduire le schéma d’une dépendance accrue aux solutions étrangères, sans garantie de contrôle ou de protection des citoyens.

L’opacité entourant Starlink et Robin n’est pas anodine : elle révèle un déficit de gouvernance numérique et une menace pour la confiance entre l’État et les citoyens. Pour préserver sa souveraineté et sa crédibilité, le Sénégal doit urgemment : Rendre publics les contrats et les objectifs réels de ces partenariats. Organiser un débat national sur l’usage des technologies de surveillance. Investir dans des infrastructures numériques locales et transparentes.

Sans cela, le pays risque de sacrifier sa souveraineté sur l’autel d’une modernité technologique imposée, au mépris des principes démocratiques et de ses engagements historiques.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Matar Sarr.
Mis en ligne : 08/02/202
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