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Walid Regragui, sélectionneur des Lions de l’Atlas, aurait soumis sa démission aux dirigeants de la Fédération royale marocaine de football dans les jours qui ont suivi la finale de la Coupe d’Afrique des Nations perdue face au Sénégal (1-0). L’information, relayée par plusieurs médias, intervient à quatre mois de la Coupe du monde 2026 et alors que Regragui, âgé de 50 ans, est évoqué comme courtisé en Arabie Saoudite. Le départ n’a pas encore été officiellement acté par la fédération.
Le sélectionneur avait mené le Maroc jusqu’en demi-finale du Mondial 2022 au Qatar et conduit l’équipe en finale de la CAN 2025 avant la défaite décisive; la trajectoire est devenue source de débats sur la stabilité du projet sportif national.
Le technicien a été largement porté en héros après le Mondial 2022, puis critiqué après des résultats jugés insuffisants, dont une élimination aux huitièmes de finale de la CAN 2024 qui avait déjà mis son poste en question.
Le parcours de Walid Regragui illustre une rupture nette entre une adulation rapide et une hostilité tout aussi prompte, révélant la fragilité d’un projet sportif qui repose fortement sur des performances immédiates. Sa demi-finale au Mondial 2022 constituait une performance historique pour une nation africaine et a placé les attentes très hautes chez les supporters, les médias et les décideurs. Quelques mois plus tard, la CAN a offert une lecture contradictoire: élimination précoce lors de l’édition précédente, maintien malgré les critiques, puis qualification en finale suivie d’une défaite cruelle en prolongation lors de la dernière CAN. Ces oscillations de résultats rendent difficile la construction d’une feuille de route longue durée.
Les faits montrent des tensions entre la réactivité du public et la nécessité d’un calendrier de travail étendu. Le choix de maintenir Regragui après la CAN 2024 avait été présenté comme un gage de continuité par la fédération, mais la dramatique issue de la finale a relancé le débat sur la capacité de la structure fédérale à protéger un projet à moyen terme. La rumeur d’un départ vers l’Arabie Saoudite ajoute une contrainte externe: le marché des entraîneurs internationaux attire des techniciens en activité nationale, modifiant les priorités individuelles et institutionnelles.
La première faiblesse mise en évidence par les faits est la dépendance à l’effet d’exploit: la gloire du Mondial 2022 a masqué des lacunes structurelles, notamment l’absence d’un plan de formation et d’une politique de succession claire. La seconde faiblesse est institutionnelle: la fédération a alterné entre soutien public et inertie décisionnelle, ce qui affaiblit la crédibilité d’un projet pérenne. Enfin, la volatilité de l’opinion publique et médiatique crée une atmosphère où les décisions se prennent sous pression, ce qui favorise des solutions court-termistes.
Comparaison avec d’autres trajectoires montre une similarité: un succès exceptionnel entraîne une hausse des attentes, puis un simple revers suffit à déclencher une remise en cause. La comparaison entre la consécration au Mondial 2022 et la déception en CAN fait apparaître une contradiction majeure dans l’évaluation des performances et dans la stratégie fédérale.
Les chiffres disponibles soulignent l’écart: la campagne au Mondial 2022 a offert au Maroc une série de résultats inédits en phase finale, tandis que les performances en championnats continentaux sont restées irrégulières, avec des éliminations prématurées et une finale obtenue après une phase éliminatoire serrée. Les mouvements d’entraîneurs vers des championnats mieux rémunérés accentuent la précarité des projets nationaux, surtout lorsque les fédérations ne disposent pas d’un plan contractuel long terme.
Les éléments factuels rassemblés montrent un parcours contrasté: une montée en puissance spectaculaire sur la scène mondiale suivie d’une très forte critique après des échéances continentales. Cette succession de hauts et de bas met en lumière la volatilité du jugement public et la faiblesse d’un projet sportif reliant résultats immédiats et vision stratégique. Le cas de Walid Regragui souligne la difficulté pour une fédération de bâtir une continuité lorsque la pression médiatique, les offres étrangères et l’absence d’un cadre institutionnel stable se conjuguent. Le risque pour le Maroc est de répéter ces oscillations sans jamais installer une feuille de route durable.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Rachid F.
Mis en ligne : 10/02/2026
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