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Un nouveau seuil a été franchi dans la dégradation du débat politique américain. Le 5 février 2026, Donald Trump a publié sur sa plateforme Truth Social un montage vidéo conspirationniste dans lequel Barack et Michelle Obama sont représentés en singes, sur fond de jungle. Les condamnations ont été immédiates, qualifiant cet acte de « raciste », « ignoble » et « charognard ». Pourtant, la Maison Blanche a dénoncé une « fausse indignation », révélant ainsi l’ampleur de la normalisation d’un discours et d’une imagerie historiquement liés à la déshumanisation des Noirs.
Notre analyse est sans équivoque : cette vidéo ne relève ni de l’humour ni de la satire, mais d’une stratégie politique délibérée, profondément raciste et incompatible avec les valeurs démocratiques.
L’assimilation des personnes noires à des singes n’est pas anodine. Elle puise ses racines dans les théories raciales du XIXe siècle, utilisées pour justifier l’esclavage et la colonisation. En Europe comme aux États-Unis, cette comparaison a servi à nier l’humanité des Afro-descendants, à légitimer leur exploitation et à perpétuer des stéréotypes dévalorisants. Des personnalités politiques comme Christiane Taubira en France ou Cécile Kyenge en Italie en ont été victimes, tout comme Barack Obama à plusieurs reprises. En relayant ce montage, Trump s’inscrit dans une tradition de violence symbolique, tout en jouant sur les peurs d’un électorat blanc nostalgique d’une Amérique fantasmée.
La vidéo, issue d’un site d’extrême droite et repostée à deux reprises par Trump, s’insère dans une campagne persistante de délégitimation des élections de 2020 et d’attaques ciblées contre le premier président noir des États-Unis. Elle reprend des allégations infondées sur une prétendue fraude électorale, avant de conclure par l’image des Obama en primates. Ce choix n’est pas un accident : il s’agit d’un message codé, destiné à mobiliser une base électorale en s’appuyant sur des préjugés raciaux. Le fait que Trump ait déjà diffusé des vidéos générées par IA montrant Barack Obama en prison ou Hakeem Jeffries, élu noir, affublé d’un sombrero, confirme une méthode systématique.
Premièrement, cette publication n’est pas isolée. Trump multiplie les attaques contre les minorités, dénonçant par exemple un « génocide » des agriculteurs blancs en Afrique du Sud ou qualifiant la Somalie de « pays pourri ». Deuxièmement, l’absence de réaction forte au sein du Parti républicain – à l’exception notable du sénateur Tim Scott, seul élu noir du parti – révèle une complicité passive. Enfin, l’utilisation de l’IA pour fabriquer des images racistes montre une volonté de manipuler l’opinion, en banalisant des mensonges et en attisant les divisions raciales.
En Italie, en France ou en Afrique du Sud, l’imagerie du singe a été utilisée pour humilier des personnalités politiques noires. Ces pratiques, toujours condamnées, rappellent que le racisme transcende les frontières. Pourtant, aux États-Unis, la polarisation politique permet à Trump de transformer ces symboles en outils de mobilisation, sans craindre de sanctions.
La diffusion de cette vidéo est un test pour la démocratie américaine. Si les institutions et les citoyens ne réagissent pas avec fermeté, ils valident l’idée que le racisme peut être un instrument politique légitime. Face à cette dérive, il est urgent de rappeler que la dignité humaine n’est pas négociable. Les Américains de demain jugeront cette période avec sévérité : soit comme celle où l’on a laissé le racisme devenir une arme électorale, soit comme le moment où la société a su dire « jamais plus ».
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/02/2026
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