Démissions en Europe, impunité aux États-Unis : Le paradoxe Epstein - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Maimouna | Publié le 11/02/2026 09:02:00

Démissions en Europe, impunité aux États-Unis : Le paradoxe Epstein

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Jeffrey Epstein, financier et délinquant sexuel, est mort en prison à New York en 2019. Des documents publiés par le département de la Justice des États-Unis depuis 2024 citent des personnalités telles que Peter Mandelson, Bill Gates, Elon Musk, Noam Chomsky, le couple Clinton et Donald Trump. Au Royaume-Uni, Peter Mandelson a été démis de ses fonctions en septembre 2025 après la diffusion de ces documents; au Royaume-Uni également, Morgan McSweeney a présenté sa démission. En France, Jack Lang a quitté la présidence de l’Institut du monde arabe, tandis que Ghislaine Maxwell reste incarcérée et convoquée pour une audition à huis clos devant le Congrès américain.

La publication progressive de pièces judiciaires américaines a entraîné des répercussions politiques en Europe et des enquêtes judiciaires, mais peu de poursuites directes aux États-Unis contre les personnes nommées.

Les faits rassemblés montrent une disjonction entre exposition médiatique et réponses judiciaires effectives. Au Royaume-Uni, la démission de Peter Mandelson et la perte d’un directeur de cabinet illustrent des conséquences politiques immédiates lorsque les élites sont mises en lumière. En France, la démission de Jack Lang a été présentée comme nécessaire pour préserver des relations diplomatiques et la stabilité financière de l’Institut du monde arabe, tandis qu’une enquête judiciaire a été ouverte. À l’inverse, les documents publiés par le département de la Justice mentionnent des acteurs économiques et politiques américains de premier plan sans conduire, jusqu’à présent, à des inculpations publiques comparables. Cette asymétrie crée un contraste frappant entre sanctions institutionnelles limitées et mise en cause médiatique extensive.

La première constatation factuelle est la rareté des procédures pénales engagées aux États-Unis contre les personnes citées par les documents, malgré des citations répétées et des liens documentés. La seconde constatation est la capacité des acteurs politiques à subir des conséquences administratives à l’étranger sans voir le même niveau de responsabilité judiciaire chez eux. Par exemple, des démissions et des mises à l’écart se sont produites au Royaume-Uni et en France, alors que les États-Unis, qui ont produit et diffusé ces pièces, n’ont pas, pour l’instant, entrepris d’action judiciaire équivalente à l’encontre des mêmes noms. Les documents montrent aussi des mécanismes d’influence et de donations, éléments vérifiables par des registres publics et des déclarations comptables, qui relient pouvoir économique et proximité politique sans qu’une chaîne judiciaire aboutisse systématiquement.

L’impunité apparente des grands noms cités fragilise des normes internationales de responsabilité en accentuant l’idée d’une justice sélective. Les systèmes politiques européens ont réagi par des mesures administratives et des enquêtes, créant deux images opposées: une réponse disciplinaire visible en Europe et une inertie judiciaire mesurée aux États-Unis. Cette situation alimente des déséquilibres institutionnels où le pouvoir économique semble protéger contre la mise en œuvre de poursuites rapides. Une comparaison utile est celle entre le déclenchement d’enquêtes administratives à l’échelle nationale et l’absence de poursuites pénales internationales à ce jour, ce qui rend la norme internationale de responsabilité moins tangible. Une autre comparaison oppose la visibilité médiatique des accusations et l’opacité des procédures judiciaires réelles.

Des éléments publics confirment des indemnités versées lors de départs ministériels au Royaume-Uni, des convocations parlementaires aux États-Unis et l’ouverture d’une enquête judiciaire en France. Les registres administratifs et les communiqués officiels permettent de vérifier les dates de démission, les montants versés et les actes d’enquête, offrant une base documentaire solide pour mesurer l’écart entre exposition publique et réponses judiciaires.

Les faits exposés montrent une réalité fragmentée: élites nommées dans des documents judiciaires subissent des effets politiques variables selon les États, tandis que peu de procédures pénales internationales avancent contre ces mêmes personnes. Ce décalage met en lumière une asymétrie tangible entre pouvoir économique et responsabilité judiciaire, susceptible d’affaiblir la confiance dans les normes politiques et juridiques internationales si les écarts persistent. Les données administratives et judiciaires disponibles servent de base factuelle à cette observation.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Phillipe S.
Mis en ligne : 11/02/2026

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