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Un collectif de commerçants importateurs sénégalais opérant au port de Dakar accuse le groupe Maersk de dysfonctionnements dans la gestion de conteneurs à l’approche du Ramadan et de la fête de Korité, signalant des retards parfois supérieurs à 50 jours, une absence de communication commerciale fiable et aucune compensation. Les commerçants demandent des explications publiques et l’intervention des dirigeants du groupe, citant des noms de responsables internationaux.
L’accusation soulève une inquiétude concrète pour l’approvisionnement des marchés dakarois avant les fêtes, alors que la demande alimentaire augmente fortement.
Les importations concernent des biens de grande consommation planifiés plusieurs mois à l’avance pour répondre au pic de consommation lié au Ramadan et à la Korité; les commerçants rapportent que des conteneurs restent bloqués ou voient leurs dates reportées sans justification opérationnelle claire.
Les faits rapportés présentent plusieurs dimensions. D’abord, le délai de plus de 50 jours dépasse sensiblement les délais contractuels habituels de transport maritime entre les principaux hubs mondiaux et Dakar, ce qui affecte la rotation des stocks et la trésorerie des entreprises. Ensuite, la rupture de communication commerciale — courriels sans réponse et informations contradictoires — empêche les acteurs locaux d’ajuster leurs approvisionnements ou de mobiliser des solutions de substitution logistique. Enfin, l’absence de mécanismes de compensation formels pour retard contractuel génère des risques financiers pour les importateurs et des tensions avec les distributeurs locaux.
Les conséquences économiques sont tangibles. Les entreprises évoquent des difficultés à honorer des engagements bancaires et des contrats de distribution, ce qui peut provoquer des pénalités et des pertes de marché. Sur le plan des consommateurs, les retards exposent à des ruptures de stocks et à une pression sur les prix alimentaires pendant une période de forte demande. Une comparaison avec les épisodes de congestion portuaire observés ailleurs indique que les impacts locaux peuvent être amplifiés lorsque l’opérateur dominant d’une route commerciale se retrouve en défaut de service.
La question centrale porte sur la responsabilité éthique d’un grand opérateur logistique face aux besoins alimentaires d’une population locale en période de fête. Une entreprise de la taille de Maersk détient des moyens de communication, des leviers contractuels et des ressources opérationnelles pour limiter les interruptions et pour offrir des compensations lorsqu’elle ne respecte pas ses engagements. Le collectif a interpellé des dirigeants identifiés du groupe, ce qui souligne la gravité perçue de la situation et la recherche d’une réponse à haut niveau.
Les commerçants signalent que, en l’absence de rectification rapide, plusieurs d’entre eux envisagent de changer de prestataire, malgré les coûts de transition et les contraintes techniques. Ce choix illustre la perte de confiance et le coût réel pour l’économie locale lorsque le service d’une entreprise influente se fragilise. Une comparaison possible est celle entre fiabilité attendue et fiabilité constatée: la première implique respect des délais et information transparente, la seconde montre retards prolongés et communication défaillante.
Des données de marché montrent que les périodes de Ramadan et de Korité entraînent des pics de consommation pour des produits alimentaires de base et des biens festifs, rendant l’accès aux marchandises critique pour les ménages. Les retards signalés par le collectif s’ajoutent aux tensions globales sur la chaîne logistique depuis 2020, mais la spécificité locale tient à l’effet direct sur la sécurité alimentaire et sur la stabilité des prix à court terme. Le recours à des alternatives portuaires, à des re-routages ou à des assurances retard reste coûteux et ne garantit pas une disponibilité suffisante avant les fêtes.
Les éléments factuels rassemblés montrent un conflit entre les capacités et les responsabilités d’une grande entreprise de logistique et les besoins immédiats d’une population en période de forte consommation. Les retards supérieurs à 50 jours, l’absence de communication fiable et l’absence de compensation exposent des commerçants et des consommateurs à des risques économiques et alimentaires concrets. La question posée est simple et pressante: quand un acteur mondial influe sur l’accès à l’alimentation locale, quelles obligations éthiques et opérationnelles lui incombent pour éviter de pénaliser des populations vulnérables lors de moments festifs essentiels ?
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Seynabou F.
Mis en ligne : 12/02/2026
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