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La Fédération Sénégalaise de Lutte (FSL) a levé la suspension conservatoire des face-à-face et des séances d’open presse dans l’arène de lutte avec frappe, par circulaire signée début février 2026 à Dakar. La décision fait suite à l’intervention du Gouverneur de la région de Dakar et à des engagements publics de promoteurs et de lutteurs en faveur du respect des règles et de la non-violence. La reprise est autorisée sous conditions strictes.
La reprise intervient après plusieurs jours de suspension décidée pour apaiser des tensions liées à des débordements lors d’événements promotionnels. La FSL insiste sur l’obligation de respecter les conventions, l’avenant dédié aux face-à-face et les mesures de sécurité fédérales.
La communication de la Fédération met en avant la médiation du Gouverneur et la responsabilisation des acteurs, mais elle laisse un vide factuel important autour des sanctions promises. La circulaire annonce une tolérance zéro et la possibilité de sanctions immédiates en cas de débordement, sans préciser la nature, le barème ni la procédure disciplinaire applicable. Cette absence de détails crée une incertitude juridique pour les promoteurs, les lutteurs et les forces de l’ordre chargées d’appliquer les règles.
Les faits disponibles montrent que des incidents récents ont impliqué des contacts physiques hors réglementation et des menaces verbales lors de face-à-face précédents, ce qui explique la suspension initiale. Malgré cela, le texte de la FSL ne décrit pas les sanctions concrètes comme la suspension individuelle, l’amende, la révocation d’agréments ou la saisine d’instances judiciaires. Sans ces précisions, le message « tolérance zéro » reste une formule générale, difficile à traduire en actes vérifiables.
Le premier argument tient à l’opérabilité: une politique disciplinaire efficace requiert des critères clairs pour identifier les fautes et des procédures transparentes pour appliquer les sanctions. Les conventions et l’avenant évoqués par la Fédération existent, mais la circulaire ne renvoie pas à des articles précis ni à des délais décisionnels pour sanctionner. Le deuxième argument porte sur la prévention: sans conséquences connues, les promoteurs peuvent minimiser les risques et les lutteurs peuvent ne pas modifier leurs comportements lors d’événements publics.
Le troisième argument se fonde sur la responsabilité institutionnelle: la sécurité des spectateurs et des athlètes dépend tant de règles écrites que de mécanismes d’exécution. Comparativement à d’autres fédérations sportives qui publient des grilles de sanctions et des procédures d’appel, la FSL se contente d’un avertissement général. Comparé à des pratiques internationales, ce flou laisse la porte ouverte à des interprétations divergentes et à des actions réactives plutôt que préventives.
Des cas documentés dans d’autres disciplines montrent que la publication d’un code disciplinaire détaillé réduit les incidents et facilite les recours administratifs. Une grille comportant des sanctions graduées, des délais d’instruction et des organes d’appel améliore la confiance des acteurs et la crédibilité de l’instance fédérale. La FSL dispose déjà d’un avenant encadrant les face-à-face; la rendre publique ou en extraire les sanctions applicables au grand public renforcerait la transparence et la mise en œuvre.
La levée de la suspension permet le retour des rencontres médiatiques et la valorisation des athlètes, mais la portée réelle de la « tolérance zéro » dépendra de la publication et de l’application de sanctions détaillées. À ce stade, la Fédération a fourni des engagements politiques et des rappels réglementaires sans clarifier les instruments disciplinaires concrets. Sans ces garanties écrites et accessibles, les promesses risquent de rester symboliques et les rendez-vous publics continueront d’exposer les organisateurs et les spectateurs à des risques évitables.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Kader L.
Mis en ligne : 13/02/2026
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