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Le 13 février, à Dar es Salaam, le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a confirmé que la Coupe d’Afrique des Nations 2027 se tiendra aux dates prévues en juin-juillet 2027, malgré des alertes sur l’état des infrastructures et sur des risques sécuritaires liés aux élections dans l’un des pays hôtes. Patrice Motsepe, président de la CAF, a insisté sur la tenue du tournoi et sur l’envoi d’une équipe d’inspection sur place. Il a aussi annoncé des révisions disciplinaires après les incidents de la finale de la CAN 2025.
La décision ferme de maintenir le calendrier arrive alors que le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda — pays co-organisateurs — ont vu leur préparation pointée du doigt par plusieurs observateurs. Le ton de la CAF reste volontariste, mais le choix expose le continent à des aléas organisationnels importants.
Les critiques portent sur la qualité des stades, l’état des pelouses et sur la coïncidence présumée entre l’échéance électorale au Kenya et les dates du tournoi, éléments qui ont alimenté des rumeurs de report jusqu’en 2028.
La décision de la CAF repose sur la confiance dans les capacités d’organisation, mais les faits montrent des fragilités concrètes. Des inspections ont déjà signalé des retards de construction et des défauts d’infrastructures, selon des comptes rendus locaux. Les contraintes temporelles liées à la construction de stades et à la mise aux normes des pelouses impliquent des calendriers serrés, avec peu de marge pour corriger des mauvaises surprises techniques ou logistiques. Sur le plan sécuritaire, l’argument est double : d’un côté, une élection nationale peut générer des violences ponctuelles et des perturbations des transports; de l’autre, la présence de supporters venus de plusieurs pays accroît la complexité du dispositif de sécurité. La combinaison de chantiers inachevés et d’un contexte politique tendu augmente le risque d’annulation de matches, de retards d’ouverture de sites ou d’obligations de reprogrammation d’infrastructures d’accueil.
Premièrement, les précédents récents illustrent le coût d’une mauvaise préparation. La finale de la CAN 2025 a été entachée par des incidents qui ont conduit la CAF à annoncer une « tolérance zéro » et une révision des règlements, signe d’une crise de gouvernance disciplinaire. Deuxièmement, la dépendance à des calendriers compressés multiplie les scénarios défavorables : défauts de pelouse, insuffisance des hébergements, retards de transport routier et aérien. Troisièmement, l’impact financier est tangible ; des reports ou des problèmes logistiques peuvent entraîner des surcoûts pour les organisateurs et pour la CAF, comme l’ont montré d’autres compétitions internationales confrontées à des imprévus techniques.
Une comparaison utile oppose la préparation observée en 2010 pour une grande compétition mondiale organisée en Afrique, qui avait bénéficié d’investissements publics massifs et d’une planification étalée, à la préparation actuelle qui semble soumise à des délais plus compressés et à des responsabilités partagées entre trois États hôtes.
En maintenant la CAN 2027 sans garanties publiques supplémentaires et sans calendrier de remédiation détaillé, la CAF prend un pari organisationnel élevé. Le maintien du calendrier favorise la continuité médiatique et commerciale, mais il expose le football africain à la possibilité de scènes de désorganisation simultanées sur plusieurs sites. Si un ou plusieurs stades ne sont pas prêts, la CAF devra décider entre déplacer des matches, diminuer la capacité d’accueil ou accepter des installations en dessous des standards attendus, décisions qui nuiraient à la crédibilité des compétitions africaines. Une autre comparaison vaut pour des tournois régionaux qui ont été reportés ou réduits faute d’infrastructures prêtes, entraînant des pertes de recettes et une image dégradée.
Des éléments vérifiables renforcent ce constat : l’existence d’un article évoquant un report possible à 2028, la confirmation publique de demandes de report par le Kenya, et l’annonce par la CAF d’une équipe d’inspection. Le président Motsepe a aussi déclaré vouloir amender le règlement intérieur pour permettre des sanctions plus lourdes après la finale de la CAN 2025, ce qui confirme l’ampleur des problèmes disciplinaires à traiter avant 2027.
La décision de la CAF de maintenir la CAN 2027 repose sur une volonté politique forte, mais elle s’appuie sur des conditions matérielles et sécuritaires fragiles. Les retards d’infrastructures, la coïncidence avec une période électorale et les séquelles disciplinaires de la CAN 2025 composent un cocktail de risques organisationnels. Sans plan d’urgence public, calendrier de remise en état détaillé et garanties sécuritaires consolidées, la tenue du tournoi à la date annoncée accroît la probabilité d’incidents logistiques, financiers et d’image qui pèseront sur le rayonnement du football africain.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : David Koffi.
Mis en ligne : 14/02/2026
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