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Le vigile M.S. Diagne, employé de la boîte de nuit Vogue aux Almadies à Dakar, a été arrêté par la Brigade de recherches suite à la plainte d’une élève de 17 ans. Les faits remontent à la nuit du 5 au 6 février: la jeune fille affirme avoir été agressée sexuellement. Déféré au parquet, M.S. Diagne a été remis en liberté et son dossier a été classé sans suite au motif que «les faits en cause n’ont pas été établis».
Après cette présentation factuelle, le dossier soulève des interrogations fortes sur la capacité des institutions à protéger les mineures et sur la perception d’impunité qui peut en découler. Le traitement judiciaire et la rapidité apparente du classement nourrissent une inquiétude sociale que l’on ne peut ignorer sans l’examiner rationnellement.
L’affaire s’inscrit dans un contexte où la plainte émane d’une mineure de 17 ans et où l’intervention policière a conduit à une garde à vue, puis à une décision du parquet sans poursuites. Le déroulé factuel reste celui d’un conflit d’interprétations entre la plaignante et le vigile.
Le classement sans suite pose plusieurs questions factuelles. D’abord, la nature des preuves disponibles: la procédure, telle que décrite, s’appuie sur les déclarations des protagonistes et sur l’absence apparente d’éléments matériels ou de témoins corroborant l’accusation. Ensuite, la gravité alléguée des faits — une agression présumée dans un lieu fermé fréquenté par des mineures — devrait normalement déclencher des diligences médico-légales et des enquêtes complémentaires afin d’établir la matérialité des actes. Le dossier public ne fait pas état de prélèvements, d’expertises ou d’auditions élargies, ce qui laisse un vide procédural susceptible d’être perçu comme une faiblesse d’enquête.
La décision du parquet, en l’absence d’une communication détaillée sur les éléments infirmant les accusations, alimente le sentiment d’impunité. Ce ressenti s’appuie sur des précédents observés ailleurs où des classements rapides ont été assimilés par l’opinion à une défaillance institutionnelle. Par comparaison, dans certains pays voisins, des affaires similaires ont donné lieu à des enquêtes médico-légales approfondies et à des mesures de protection immédiates pour la victime, ce qui a contribué à maintenir la confiance publique. À l’inverse, des dossiers clos sans explication nourrissent la défiance.
Sur un plan institutionnel, l’absence de sanction ou de suivi administratif contre l’employeur ou la structure de la boîte de nuit laisse intact le risque répété. Les règles de sécurité et de protection des mineures dans les lieux nocturnes dépendent autant de la prévention privée que de la vigilance publique. Si les investigations judiciaires n’apportent pas de transparence, la population peut considérer que les mécanismes de contrôle sont insuffisants.
Des chiffres publiés par des organisations nationales et internationales montrent que la confiance dans les institutions judiciaires est corrélée à la perception de rigueur dans le traitement des violences sexuelles. Une baisse de cette confiance entraîne une moindre propension à porter plainte, ce qui fragilise la protection effective des mineures. Comparé à des systèmes où la réponse judiciaire est perçue comme stricte, le risque d’un cercle vicieux apparaît: moins de plaintes, moins de poursuites, plus d’impunité ressentie.
Les faits exposés ici restent au stade des allégations et le classement sans suite relève d’une décision formelle du parquet. Reste que l’opacité sur les éléments qui ont conduit à cette décision nourrit une perception problématique: celle d’un espace où la protection des mineures serait compromise par l’absence de poursuite ou par des enquêtes insuffisantes. Pour préserver la confiance du public, il conviendrait que les autorités communiquent davantage sur les diligences effectuées et que soient envisagées des mesures administratives ou préventives destinées à réduire le risque de répétition.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Ramata B.
Mis en ligne : 14/02/2026
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