Aucune violence ? : Les images de l’UCAD contredisent le procureur point par point - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 16/02/2026 12:02:00

Aucune violence ? : Les images de l’UCAD contredisent le procureur point par point

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Le 14 février 2026, le député Guy Marius Sagna a vivement réagi aux déclarations du procureur de la République, Ibrahima Ndoye, concernant la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Selon le procureur, « les éléments de l’enquête ne corroborent pas avec les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime ». Pourtant, les témoignages d’étudiants, les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et les déclarations des amicales étudiantes racontent une tout autre histoire : celle d’un jeune homme battu dans sa chambre par les forces de l’ordre, puis abandonné à son sort.

Je ne peux que partager l’indignation du député Sagna : il est inacceptable que les autorités minimisent les faits et ignorent la réalité vécue par des centaines d’étudiants. Cette affaire révèle une fois de plus le mépris des institutions pour la vérité et la justice, et je m’élève contre cette tentative d’étouffer la vérité.

Depuis plusieurs années, l’UCAD est le théâtre de tensions récurrentes entre étudiants et forces de l’ordre, souvent liées à des revendications légitimes comme le paiement des arriérés de bourses. Le 9 février 2026, ces tensions ont atteint un point critique : Abdoulaye Bâ, étudiant en médecine, a perdu la vie après une intervention policière d’une violence inouïe. Les images et témoignages sont accablants : des policiers pénétrant dans les pavillons, utilisant des gaz lacrymogènes à bout portant, frappant des étudiants sans discernement, y compris ceux qui ne participaient pas aux manifestations. Selon l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, Abdoulaye Bâ n’avait même pas quitté sa chambre ce jour-là. Il a été « violemment battu » par les forces de l’ordre avant de succomber à ses blessures.

Le procureur Ibrahima Ndoye affirme que les éléments de l’enquête ne confirment pas les allégations de violences. Pourtant, plusieurs sources indépendantes, y compris des médias internationaux et des organisations de défense des droits humains, ont recueilli des témoignages et des preuves vidéo montrant le contraire. Des étudiants ont filmé des scènes de violence extrême, des portes enfoncées, des matraques s’abattant sur des jeunes sans défense. Le ministre de l’Intérieur lui-même a reconnu des « bavures policières » et promis des sanctions. Comment, dans ces conditions, peut-on encore douter de la responsabilité des forces de l’ordre ?

Les étudiants, les amicales et les journalistes ont documenté les violences. Des vidéos montrent des policiers frappant des étudiants dans les couloirs et les chambres. L’Amicale de la Faculté de médecine a affirmé que Abdoulaye Bâ a été « torturé à mort » dans sa chambre. Ignorer ces preuves, c’est insulter l’intelligence collective et bafouer la mémoire de la victime.

La mort d’Abdoulaye Bâ n’est pas un cas isolé. En 2024, au Kenya, la répression des manifestations étudiantes avait fait 31 morts. Au Sénégal, plusieurs étudiants sont décédés dans des circonstances similaires depuis 2001 (Balla Gaye, Bassirou Faye, Fallou Sène, etc.). Chaque fois, les mêmes promesses d’enquêtes, les mêmes silences, les mêmes impunités.

Le gouvernement et le procureur parlent d’apaisement, mais maintiennent en détention des leaders étudiants comme Bathie Fall, Demba Ka et Waly Faye, alors qu’ils devraient être les premiers à bénéficier de la présomption d’innocence. La suspension des organisations étudiantes et la fermeture du campus ne font qu’aggraver la défiance.

Au Kenya, en 2024, la répression des manifestations étudiantes avait provoqué une crise politique majeure et forcé le gouvernement à reculer. Au Sénégal, en revanche, l’État semble déterminé à perpétuer un cycle de violence et d’impunité. Le budget alloué à l’enseignement supérieur a même baissé en 2026, alors que les besoins n’ont jamais été aussi criants. Cette négligence est un choix politique, et ses conséquences sont mortelles.

Je rejoins l’appel de Guy Marius Sagna : il est urgent de libérer les étudiants arbitrairement détenus, de poursuivre les enquêtes de manière indépendante et transparente, et de sanctionner les responsables des violences. La justice ne peut être sélective. Le procureur ne doit pas être le porte-voix d’un système qui cherche à étouffer la vérité, mais le garant de l’État de droit.

La mort d’Abdoulaye Bâ doit marquer un tournant. Il est temps que les autorités sénégalaises assument leurs responsabilités et cessent d’insulter notre intelligence. La jeunesse mérite mieux que des promesses creuses et des enquêtes sans lendemains. Elle mérite la vérité, la justice, et le respect.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/202
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