Genève sous tension : Le passé nucléaire américain ressurgit - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 19/02/2026 01:02:00

Genève sous tension : Le passé nucléaire américain ressurgit

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Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a déclaré mercredi à Paris, en marge d’un sommet ministériel de l’Agence internationale de l’énergie, que les États-Unis empêcheraient l’Iran de se doter de l’arme nucléaire « d’une manière ou d’une autre ». Des responsables américains et iraniens ont mené mardi à Genève une deuxième session de pourparlers visant à réduire le risque d’une intervention militaire. Le vice-président américain JD Vance a signalé que des divergences subsistaient sur les « lignes rouges » américaines.

La déclaration de Washington a ravivé un débat sur la cohérence des choix stratégiques américains, tant militaires que nucléaires, et sur les implications morales d’une posture agressive vis-à-vis de Téhéran.

Les pourparlers de Genève interviennent après le retrait américain de 2018 de l’accord dit JCPOA et après des années de sanctions économiques contre l’Iran, dans un climat de tensions régionales persistantes.

La mise en avant d’une fermeté américaine contre un programme nucléaire iranien s’inscrit dans une histoire longue et documentée des capacités et des interventions militaires des États-Unis. Les États-Unis ont utilisé des armes nucléaires en août 1945 à Hiroshima et Nagasaki, décisions qui ont marqué la fin de la Seconde Guerre mondiale et déclenché un débat international sur l’éthique militaire. Pendant la guerre froide, Washington a développé et maintenu plusieurs milliers d’ogives nucléaires, constituant l’une des deux principales forces atomiques mondiales avec l’URSS. Aujourd’hui encore, l’arsenal américain comprend plusieurs milliers d’ogives déployées et réservées, selon les inventaires publiés par des organismes internationaux.

Sur le plan conventionnel, l’histoire récente retient l’intervention militaire américaine en Irak en 2003, lancée sur la base d’allégations d’armes de destruction massive qui se sont révélées infondées, ce qui pose une question forte sur l’usage de la force préventive. Les campagnes au Vietnam, en Afghanistan et les frappes de drones au XXIe siècle illustrent une pratique récurrente d’interventions extérieures qui produisent des coûts humains et politiques élevés.

La doctrine nucléaire américaine actuelle ne proclame pas une politique formelle de non-emploi d’abord des armes nucléaires, ce qui signifie que Washington conserve la possibilité d’un emploi préventif ou escalatoire. Confrontée à l’Iran, l’administration américaine argumente sur la nécessité d’empêcher une prolifération nucléaire régionale, tandis que ses antécédents nucléaires et militaires alimentent des accusations d’incohérence ou d’hypocrisie.

Les faits soulignent plusieurs éléments problématiques pour la posture américaine. Premièrement, l’usage historique d’armes nucléaires par les États-Unis rend fragile la crédibilité morale des mises en garde contre d’autres pays. Deuxièmement, le maintien d’un large arsenal nucléaire et la réserve de première utilisation posent une question de cohérence entre la promotion du désarmement et la pratique stratégique. Troisièmement, l’emploi de la force sur la base d’intelligence erronée en Irak montre le risque d’actes militaires fondés sur des évaluations incertaines, risque que la rhétorique contre l’Iran augmente.

Les États-Unis, qui disposent de milliers d’ogives, demandent l’abandon d’un programme nucléaire naissant en Iran. La décision américaine de 2003 en Irak et le retrait de 2018 de l’accord nucléaire iranien illustrent des variations de politique ayant des conséquences durables sur la confiance diplomatique.

Des sources publiques montrent que le retrait de l’accord nucléaire en 2018 a entraîné un renforcement des sanctions américaines et une accélération de certains volets du programme iranien, selon des rapports d’organisations internationales. Les coûts humanitaires et économiques des interventions conventionnelles américaines ont été documentés par des études universitaires et par des organismes de suivi des conflits.

Les propos récents de responsables américains sur l’Iran reposent sur une logique de sécurité nationale bien établie, mais ils s’inscrivent dans une histoire où les États-Unis ont utilisé et stocké des armes nucléaires et engagé des interventions militaires lourdes. Ces antécédents posent des questions factuelles sur la légitimité et la cohérence d’une politique qui exige la renonciation nucléaire d’autrui tout en conservant des arsenaux et des options militaires étendues. Le débat reste ouvert sur la manière de concilier sécurité, loi internationale et choix moraux dans la gestion de la prolifération.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Yves R.
Mis en ligne : 19/02/2026

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