CAN 2025 : Panique au stade, qui a vraiment déclenché les violences ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 19/02/2026 07:02:45

CAN 2025 : Panique au stade, qui a vraiment déclenché les violences ?

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Dix-huit supporters sénégalais ont été interpellés à Rabat après la finale de la CAN 2025, poursuivis notamment pour violences envers des agents et actes de violence lors d’une compétition sportive, selon les chefs d’accusation déposés au Maroc en janvier. Les faits reprochés concernent des heurts survenus dans les dernières minutes de la rencontre au Stade Prince Moulay Abdellah et des vidéos montrant des franchissements de barrières et des jets de chaises.

Je dis les choses sans détour: la une médiatique qui tourne en boucle les images de supporters en colère sert de paravent commode. J’ai vu ces bandes, j’ai entendu les légendes qui les accompagnent, et je refuse que la narration dominante enferme des hommes derrière des accusations sans que l’examen des responsabilités policières ne soit mené avec la même énergie.

L’avocat des prévenus a plaidé la panique déclenchée au moment d’un penalty et a évoqué des incompréhensions linguistiques et un geste d’un stadier. L’affaire a pris une dimension diplomatique entre le Sénégal et le Maroc et alimente des mobilisations publiques.

Je pense que la focalisation médiatique sur les seules images des supporters crée un récit biaisé qui oublie le rôle central des forces de l’ordre et des stadiers dans l’escalade. Les caméras ont capté des gestes, pas toujours l’initiative première. Quand on montre un spectateur jetant une chaise sans situer qui l’a mis en situation de risque, on vend une histoire incomplète. L’avocat a parlé de supporters « poussés de l’arrière » et d’un mouvement de foule, mais ces éléments restent traités comme des anecdotes alors qu’ils sont des pistes d’enquête cruciales.

Les forces de sécurité disposent de prérogatives, de protocoles et de moyens qui peuvent créer la panique: cordons mal gérés, consignes contradictoires, usage disproportionné de la force. J’observe que les questions sur la coordination des stadiers, sur les ordres donnés et sur l’emploi de matériel n’ont pas reçu la même exposition que les images choc. On préfère le spectaculaire au sérieux de l’investigation. C’est un choix éditorial qui finit par ressembler à une défense implicite des institutions responsables de l’ordre.

Si l’objectif est la vérité, il faut une enquête indépendante, avec consultation des images d’angle fixes, des enregistrements radio et des témoignages recueillis en sécurité, hors de l’émotion du soir. Sans cela, la justice se transforme en théâtre et la diplomatie en chiffon rouge. J’affirme que laisser la narration publique être dictée par des extraits montés revient à masquer des responsabilités possibles et à sacrifier la crédibilité du procès.

Comparer ce cas à d’autres incidents sportifs m’aide à préciser le risque: dans certains pays européens, une banalisation des images a conduit à des relaxes quand les rushes complets ont rétabli la chronologie. À l’inverse, dans des contextes plus répressifs, la répétition des mêmes plans a suffi à justifier des détentions longues et des tensions internationales. Ici, on a le mélange toxique des deux: images relayées sans mise en perspective, et procédures qui se durcissent sous pression politique.

Je soutiens que les médias et les autorités judiciaire et policière ont une responsabilité partagée dans la montée des tensions entre Dakar et Rabat. En privilégiant les scènes spectaculaires, on oublie d’interroger la chaîne de commandement qui a placé des supporters dans une situation d’étouffement. On laisse aussi de côté la médecine légale, l’analyse des trajectoires des projectiles et l’audition de témoins neutres. Ce silence méthodique alimente des ressentiments et nourrit des discours publics de victimisation ou de culpabilisation collective.

Des précédents montrent qu’une expertise indépendante change souvent le cours des procédures: analyses d’images par des spécialistes, reconstitution chronologique, expertise médico-légale et comparaisons entre témoignages. Les autorités peuvent demander ces expertises rapidement; les médias peuvent demander leur publication intégrale. J’invite à regarder des exemples où la vérité s’est trouvée dans les rushes et non dans les montages viraux.

Je reste convaincu que sans enquête indépendante et sans mise au clair des responsabilités policières, la procédure contre les dix-huit supporters restera entachée de doutes et nourrira des crispations diplomatiques évitables. La justice a besoin de lenteur méthodique, pas de fureur communicative. Tant que l’on préfèrera l’image spectaculaire au travail d’enquête, on offrira des boucs émissaires à la colère collective et on compromettra la confiance entre peuples. Je veux voir la totale transparence, pas une version qui arrange.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 19/02/202
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