Keur Massar : L'aveuglement collectif face à l'exploitation des mineures - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Maimouna | Publié le 22/02/2026 07:02:45

Keur Massar : L'aveuglement collectif face à l'exploitation des mineures

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Un article récent relate l’affaire troublante de deux jeunes hommes, âgés de 20 et 21 ans, placés en garde à vue pour détournement de mineure et viol sur une adolescente de 14 ans. Les faits se déroulent à Keur Massar, où la jeune fille, C. Cardoso, aurait passé trois jours dans un appartement loué par ses « petits amis » sous prétexte de célébrer son anniversaire. Malgré ses déclarations affirmant un consentement, cette affaire révèle une réalité bien plus sombre : celle de l’exploitation des mineures, souvent minimisée par des justifications sociales et culturelles.

Je ne peux m’empêcher de m’indigner face à cette situation, où l’on semble confondre complicité et protection, où l’on tolère l’intolérable sous couvert de « relations amoureuses ». La loi est claire : en dessous de 15 ans, un enfant ne peut consentir à un acte sexuel. Pourtant, les déclarations de la victime, les justifications des accusés, et même l’attitude de certains proches, semblent banaliser ce qui relève d’une infraction pénale grave.

Au Sénégal, comme dans de nombreux pays, la question des relations sexuelles impliquant des mineures est souvent traitée avec une légèreté déconcertante. Les traditions, les normes sociales, et parfois même les familles, ferment les yeux sur des situations qui devraient alerter. Ici, la tante de la victime a eu le réflexe de porter plainte, mais combien d’autres cas restent dans l’ombre, étouffés par la honte, la peur, ou pire, l’acceptation ?

Les deux jeunes hommes, étudiants et lycéens, ont agi en toute impunité, louant un appartement, organisant une « fête » pour une enfant de 14 ans, et profitant de sa vulnérabilité. Leur défense ? Une relation amoureuse. Leur complicité ? Une société qui, trop souvent, excuse les abus sous prétexte de « consentement » ou de « tradition ».

L’article factuel souligne que la jeune fille a affirmé avoir consenti à ces actes. Pourtant, la loi sénégalaise, comme la plupart des législations internationales, considère qu’un enfant de moins de 15 ans n’a pas la maturité nécessaire pour donner un consentement valide. Ce n’est pas une question de morale, mais de protection. Les déchirures hyménales anciennes, mentionnées dans le certificat médical, rappellent cruellement que cette jeune fille a subi des actes qu’elle n’était pas en mesure de comprendre pleinement.

Les accusés, eux, sont majeurs. Ils savent, ou devraient savoir, que leurs actes sont illégaux. Leur participation financière à la location de l’appartement, leur organisation méticuleuse, tout cela démontre une préméditation qui aggrave leur responsabilité. Pourtant, ils se cachent derrière l’argument fallacieux de l’amour, comme si cela pouvait effacer la gravité de leurs actes.

Au Sénégal, comme ailleurs, les relations sexuelles avec un mineur de moins de 15 ans sont considérées comme un viol, peu importe le « consentement » allégué. Cette loi existe pour protéger les enfants, dont la vulnérabilité est exploitée par des adultes ou des jeunes majeurs en position de pouvoir.

Où étaient les parents ? Où était la famille ? Comment une enfant de 14 ans peut-elle disparaître trois jours sans que personne ne s’en inquiète immédiatement ? Cette affaire révèle un échec collectif dans la protection des mineurs. Même si la victime affirme avoir consenti, les conséquences psychologiques de telles expériences sont souvent dévastatrices. Les études montrent que les mineurs victimes d’abus sexuels souffrent de troubles durables : dépression, anxiété, difficultés relationnelles. Le « consentement » d’une enfant de 14 ans ne peut effacer ces risques.

Quand une société tolère que des jeunes hommes de 20 et 21 ans entretiennent des relations avec des enfants, elle normalise l’exploitation. Cela envoie un message dangereux : les filles sont des proies, et les garçons peuvent agir en toute impunité.

Cette affaire n’est pas isolée. Dans de nombreux pays, des cas similaires défraient régulièrement la chronique. En France, par exemple, le mouvement #MeTooInceste a révélé l’ampleur des abus sexuels sur mineurs, souvent commis par des proches ou des connaissances. Aux États-Unis, des affaires comme celle de R. Kelly ont montré comment des célébrités exploitaient des adolescentes avec la complicité de leur entourage.

Partout, le schéma est le même : des adultes ou des jeunes majeurs profitent de la naïveté des mineures, et la société, par complaisance ou par peur du scandale, ferme les yeux. La différence ? Dans certains pays, la justice est plus promptes à réagir. Au Sénégal, cette affaire doit servir d’électrochoc.

Cette histoire n’est pas celle d’une « relation amoureuse », mais celle d’une mineure exploitée par des jeunes hommes qui connaissaient parfaitement la loi. Elle interroge notre responsabilité collective : comment protéger nos enfants quand la société elle-même minimise les abus ?

Je réitère mon indignation : non, une enfant de 14 ans ne peut pas consentir. Non, l’amour ne justifie pas l’exploitation. Et non, nous ne pouvons pas continuer à fermer les yeux. Il est temps que la justice fasse son travail, que les familles assument leurs responsabilités, et que la société sénégalaise cesse de tolérer l’intolérable.

Les deux accusés doivent répondre de leurs actes devant la loi. Mais au-delà, c’est toute la société qui doit se remettre en question. Car tant que nous accepterons que des mineures soient traitées comme des objets de désir, nous serons tous complices.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 22/02/202
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