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Le gouvernement sénégalais a adopté en Conseil des ministres, le 18 février, un projet de loi visant à durcir les peines pour les « actes contre nature » et à sanctionner l’« apologie » des relations homosexuelles. Le ministre de la Culture, Amadou Ba, a précisé que les peines pourraient atteindre dix ans de prison et des amendes jusqu’à 10 millions de F CFA. Le texte doit encore être soumis au vote des députés avant d’entrer en vigueur.
Je crois que ce choix législatif répond à une attente précise de nombreux citoyens qui placent la famille et les mœurs traditionnelles au cœur de leur sécurité sociale. La décision s’inscrit aussi dans la logique d’un parti arrivé au pouvoir sur des promesses de fermeté et de protection des repères sociaux. Plutôt que de voir uniquement une loi répressive, je perçois une volonté de restauration d’un cadre moral perçu comme nécessaire pour rassurer les familles et stabiliser la vie communautaire.
Cette initiative législative intervient après des arrestations récentes liées à des accusations d’« actes contre nature » et dans un contexte politique où la sécurité sociale figure comme une promesse électorale centrale.
Je défends l’idée que le durcissement annoncé peut renforcer la protection des valeurs familiales et contribuer à apaiser une partie de la population inquiète. La famille est pour beaucoup une institution structurante, un filet de sécurité informel où se transmettent des normes et des solidarités. Quand ces repères sont ressentis comme fragilisés, l’État a une responsabilité d’offrir des garanties tangibles. Une loi plus claire et plus sanctionnante peut envoyer un signal fort: le gouvernement entend préserver ce tissu social et respecter les attentes culturelles majoritaires.
Sur le plan politique, l’exécution des engagements électoraux est un marqueur de crédibilité. Les électeurs ont voté pour des représentants qui promettaient de protéger la cohésion sociale. En appliquant des mesures annoncées, l’exécutif démontre qu’il assume ses choix et qu’il ne déçoit pas la confiance accordée. Cette dimension de responsabilité démocratique rassure les familles qui jugent l’action publique au prisme des promesses tenues.
Il faut examiner les effets concrets de la loi sur l’ordre public et sur la prévention des tensions. Une sanction plus dissuasive peut réduire les comportements perçus comme transgressifs dans l’espace public et limiter les conflits de voisinage. Cela vaut surtout dans les quartiers où la proximité rend les incompréhensions plus vives. Comparée à une approche exclusivement éducative, la combinaison de cadrage légal et d’actions de prévention offre une réponse plus rapide aux inquiétudes populaires. Comparée aussi à des mesures punitives floues, un texte précisé et voté par le Parlement fournira des critères plus lisibles pour les professionnels de la justice.
Je n’occulte pas les risques d’excès et d’effets collatéraux sur la liberté d’expression et l’action des associations. C’est pourquoi je juge indispensable que le Parlement précise les contours de la notion d’« apologie » et qu’il protège l’accès aux soins, en particulier pour les personnes vulnérables face au VIH. Une loi qui veut rassurer doit aussi préserver l’espace d’intervention des acteurs sanitaires, sans tolérer l’instrumentalisation des débats pour stigmatiser des populations entières.
En termes pratiques, l’État peut accompagner la réforme par des campagnes d’information ciblées, par la formation des forces de l’ordre et par le renforcement des mécanismes de plainte pour éviter les dénonciations calomnieuses. Si l’on souhaite que la loi rassure réellement, elle doit être appliquée avec discernement, transparence et contrôle parlementaire. Le risque politique majeur serait que l’application devienne synonyme de persécution; le risque positif serait qu’elle restaure un sentiment d’ordre chez des citoyens soucieux de cohesion familiale.
Des pays ayant adopté des mesures strictes sur des questions morales montrent des réactions publiques diverses, parfois apaisement social, parfois polarisation. Les autorités sénégalaises disposent d’études sociologiques locales sur les perceptions familiales; utiliser ces données aidera à calibrer l’application de la loi et à éviter des conséquences sanitaires indésirables.
Je soutiens la logique d’une loi plus ferme dès lors qu’elle répond à une demande sociale réelle et qu’elle est encadrée par des garanties juridiques et sanitaires. En renforçant les peines et en clarifiant les termes, l’État peut protéger les repères familiaux, montrer qu’il tient ses engagements électoraux et restaurer un sentiment de sécurité sociale pour de nombreuses familles. Reste la condition sinéquanone: que le Parlement affine le texte, que les autorités préservent l’accès aux soins et que l’application soit guidée par l’équité plutôt que par la vindicte.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 23/02/2026
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