Le député sénégalais Guy Marius Sagna a récemment qualifié les frappes israélo-américaines contre l’Iran de « simples actes de terrorisme ». Si cette déclaration a pu résonner auprès d’une partie de l’opinion publique, elle mérite d’être interrogée à l’aune des réalités géopolitiques et des enjeux stratégiques du Moyen-Orient.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : En réduisant un conflit complexe à une opposition manichéenne, M. Sagna risque d’alimenter la polarisation plutôt que de favoriser un débat constructif sur la paix. Je propose ici une analyse critique de cette position, en m’appuyant sur les faits et les réactions internationales.
Depuis plusieurs mois, le Moyen-Orient est le théâtre d’une escalade sans précédent. Les frappes conjointes d’Israël et des États-Unis sur l’Iran, survenues le 28 février 2026, s’inscrivent dans un contexte marqué par des tensions nucléaires, des crises humanitaires et des rivalités régionales. Ces opérations, présentées comme des « frappes préventives » par Israël et les États-Unis, visaient selon eux à neutraliser des menaces imminentes, notamment des sites militaires et des infrastructures liées au programme nucléaire iranien. L’Iran, de son côté, a répliqué en ciblant des bases israéliennes et américaines, aggravant les craintes d’une guerre ouverte.
Les origines de cette crise remontent à l’effondrement des négociations sur le nucléaire iranien, à la répression des manifestations en Iran, et à l’intensification des attaques de groupes pro-iraniens contre des intérêts américains et israéliens dans la région. La situation est d’autant plus explosive que plusieurs pays, dont la France et l’Union européenne, ont appelé à une désescalade immédiate, soulignant les risques pour la stabilité mondiale.
Guy Marius Sagna, connu pour ses positions anti-impérialistes et son engagement panafricain, a une longue histoire de critique envers les puissances occidentales et Israël. Cependant, qualifier sans nuance ces frappes de « terrorisme » revient à ignorer plusieurs éléments clés :
Israël et les États-Unis justifient leurs actions par la nécessité de contrer la prolifération nucléaire iranienne et les attaques répétées de groupes armés soutenus par Téhéran. Même si ces justifications sont contestables, elles s’inscrivent dans une logique de sécurité régionale, perçue comme vitale par leurs dirigeants. L’Iran, via ses proxys (Hezbollah, Houthis, milices irakiennes), mène depuis des années une guerre par procuration contre Israël et les États-Unis. Les frappes de février 2026 s’inscrivent dans une dynamique de riposte et de dissuasion, même si leur légitimité est discutable au regard du droit international. La communauté internationale, loin d’être unanime, a exprimé des positions variées : condamnation de l’escalade (France, UE, Russie), soutien à Israël (certains pays du Golfe), ou solidarité avec l’Iran (Pakistan, Houthis). Cette diversité de réactions montre que la situation ne se résume pas à une agression unilatérale.
En qualifiant ces frappes de « terrorisme », M. Sagna adopte une posture qui, bien que légitime dans une optique de solidarité avec l’Iran, occulte la responsabilité de Téhéran dans l’escalade et les souffrances des populations civiles, tant en Iran qu’en Israël.
L’Iran et ses alliés mènent des attaques régulières contre des cibles civiles et militaires en Israël et dans la région. Ignorer ce contexte, c’est passer sous silence la stratégie iranienne de déstabilisation, qui a déjà coûté la vie à des milliers de personnes. En utilisant un vocabulaire aussi chargé que « terrorisme », on ferme la porte à toute discussion sur les solutions diplomatiques ou les responsabilités partagées. Or, plusieurs analystes soulignent que les frappes pourraient aussi être une tentative de forcer l’Iran à négocier, dans un contexte où les pourparlers sur le nucléaire étaient dans l’impasse. Les frappes ont fait des victimes et des dégâts matériels en Iran, mais les ripostes iraniennes ont aussi touché des populations israéliennes et des infrastructures civiles. Une approche équilibrée exige de condamner toutes les violences, quelles qu’en soient les origines.
Dans d’autres conflits (Syrie, Yémen, Ukraine), les interventions militaires étrangères sont souvent analysées à travers le prisme de la légitime défense, de l’ingérence, ou du droit international. Pourquoi un double standard ? Par exemple, les frappes russes en Ukraine sont largement condamnées comme des crimes de guerre, mais les actions israéliennes ou américaines sont souvent jugées à l’aune de leurs intentions déclarées. Cette incohérence affaiblit la crédibilité des discours pacifiques.
La paix au Moyen-Orient ne passera ni par la simplification, ni par la diabolisation unilatérale. Guy Marius Sagna a le droit de défendre la cause iranienne, mais réduire ce conflit à une équation binaire (« agressés » vs « terroristes ») dessert la recherche de solutions durables. Il est urgent de reconnaître la complexité des enjeux, d’exiger le respect du droit international par toutes les parties, et de promouvoir des voies diplomatiques pour éviter une guerre aux conséquences catastrophiques.
En tant qu’observateur engagé, je plaide pour un discours qui ne sacrifie pas la nuance sur l’autel de la rhétorique. La paix se construit dans la reconnaissance des torts partagés et dans la recherche de compromis, pas dans l’anathème.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 15/04/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





