Je n’ai jamais pensé que j’allais un jour raconter ce genre d’histoire. Chez nous, au Sénégal, on a grandi avec l’idée que l’homme doit être fort, solide, presque invincible. Mais aujourd’hui, je parle avec une voix tremblante, parce que ce que je vis ne correspond à rien de ce qu’on m’a appris.
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Suite de l’article : Quand je suis arrivé au Royaume-Uni, je n’avais qu’un objectif : construire quelque chose de stable, envoyer de l’argent à la famille, réussir là où beaucoup échouent. Pendant un moment, tout semblait possible. Puis j’ai décidé de faire venir ma femme. J’ai travaillé dur, économisé chaque centime, supporté des sacrifices que peu de gens voient. Pour moi, c’était normal : un homme doit soutenir son foyer.
Mais les choses ont changé. Lentement au début, presque imperceptiblement. Puis un jour, elle m’a frappé. La première fois, j’ai été plus surpris que blessé. Je me suis dit que c’était la fatigue, le stress, les difficultés de l’exil. J’ai laissé passer.
Sauf que ça n’a pas cessé.
Aujourd’hui, je vis avec une peur silencieuse. Ce n’est pas seulement la peur des coups, c’est une peur plus profonde, plus compliquée. Celle de ne pas pouvoir me défendre. Celle de savoir que, si je lève la main pour me protéger, les choses pourraient se retourner contre moi.
Ici, les lois sont strictes. Et moi, je suis étranger. Je réfléchis à chaque geste. Je mesure chaque réaction. Parce que dans ma tête, une seule idée tourne en boucle : et si tout ça me coûtait mon séjour ? Et si on décidait de me renvoyer, après tout ce que j’ai construit ?
Alors je me retiens.
Il y a des moments où elle exige mon téléphone. Si je refuse, la tension monte. Et parfois, ça dégénère. J’ai même filmé une scène, pas pour exposer qui que ce soit, mais pour me rappeler que je ne deviens pas fou, que ce que je vis est réel.
Dans ces moments-là, je parle doucement. J’essaie de calmer la situation. Je baisse la voix, même quand mon cœur bat trop vite. Parce que je sais que le moindre geste brusque pourrait aggraver les choses.
Le plus difficile, ce n’est pas la douleur physique. C’est le silence. À qui parler ? Comment expliquer ça sans être jugé ? Chez nous, un homme qui dit qu’il subit des violences… on ne le prend pas toujours au sérieux. On lui dit d’être fort, de gérer ça en interne.
Mais la vérité, c’est que je suis fatigué.
Fatigué de faire semblant. Fatigué de porter seul une situation qui me dépasse. Je ne cherche pas à accuser, ni à exposer. Je veux juste dire que ce genre de réalité existe, même si on n’en parle pas.
Peut-être que raconter, c’est déjà un premier pas. Pas vers la honte, mais vers une forme de vérité. Parce qu’au fond, peu importe d’où on vient ou qui on est, personne ne devrait vivre dans la peur, encore moins dans le silence.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 02/05/2026
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