L’annonce, ce 21 juillet 2026, de la démission de Habib Sy de la présidence du Conseil d’administration de la SENELEC a marqué les esprits.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Dans une lettre adressée au président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien ministre invoque des « raisons strictement personnelles » pour justifier son départ, après deux ans de service loyal. Je vois dans cette décision bien plus qu’un simple retrait : une leçon de grandeur et de cohérence qui mérite notre respect.
La SENELEC, pilier du secteur électrique sénégalais, traverse une phase de transformation majeure, avec des investissements colossaux (220 milliards de FCFA) pour moderniser le réseau et améliorer la qualité du service. Dans ce contexte exigeant, Habib Sy, commissaire aux enquêtes économiques à la retraite et figure politique expérimentée, avait été nommé en mai 2024 pour diriger son Conseil d’administration. Son parcours maire de Linguère, ministre d’État sous Wade, directeur de cabinet présidentiel témoigne d’une carrière entière au service de l’intérêt général. Son départ, aussi discret soit-il, s’inscrit dans une tradition rare : celle de l’homme public qui sait partir à temps, sans bruit, mais avec une élégance qui force l’admiration.
La lettre de démission de Habib Sy révèle une posture exemplaire. Il remercie le chef de l’État pour sa confiance, souligne avoir exercé ses fonctions « avec loyauté et fidélité aux principes et valeurs de l’administration », et estime que « le moment est venu » pour lui de se retirer. Aucune polémiques, aucune justification superflue. Juste une décision assumée, qui rappelle que la responsabilité ne se mesure pas seulement à l’action, mais aussi à la manière de s’en retirer. Dans un pays où les postes de pouvoir sont souvent occupés jusqu’à la limite, voire au-delà, des capacités, cette démarche résonne comme un acte de maturité politique.
Je suis convaincu que cette démission illustre trois qualités fondamentales. Premièrement, elle prouve que Habib Sy place ses convictions au-dessus des intérêts personnels. Dans un système où l’accrochage aux fonctions est monnaie courante, son choix de partir « pour des raisons personnelles » sans chercher à en tirer un avantage médiatique ou politique est une preuve de probité. Deuxièmement, elle démontre une éthique de responsabilité au sens wébérien : il assume les conséquences de ses actes, y compris celle de quitter un poste stratégique, sans attendre d’y être poussé. Enfin, troisièmement, elle confirme sa cohérence. Après avoir soutenu Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024 (se retirant même en sa faveur), Habib Sy montre une nouvelle fois qu’il agit en accord avec ses principes, et non par calcul.
Cette attitude n’est pas sans rappeler d’autres figures publiques, au Sénégal comme ailleurs, qui ont su quitter le devant de la scène avec dignité. Pensons à Nelson Mandela, qui a choisi de ne pas briguer un second mandat, ou à des ministres sénégalais comme Serigne Mbaye Dia, son prédécesseur à la SENELEC, dont le départ avait aussi été marqué par une transition apaisée. Ces exemples partagent un point commun : le courage de la discrétion. Dans un monde politique souvent bruyant, où les démissions sont parfois des aveux de défaite ou des manœuvres tactiques, celle de Habib Sy se distingue par sa simplicité et son humanité.
Je retiens de cette démission une leçon simple, mais profonde : la vraie grandeur ne se mesure pas à la durée du pouvoir, mais à la manière dont on l’exerce et dont on s’en retire. Habib Sy, en choisissant de partir avec élégance, rappelle que la dignité est un bien plus précieux que le titre que l’on porte. Son geste mérite non seulement le respect, mais aussi une réflexion collective sur ce que signifie, aujourd’hui, servir l’intérêt général. Oui, Habib Sy est un homme de valeur. Et sa décision en est la preuve la plus éloquente.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 01/08/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





