« Dans la polygamie, j’ai perdu une partie de moi-même » - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Confidence | Par Eva | Publié le 27/05/2026 10:05:00

« Dans la polygamie, j’ai perdu une partie de moi-même »

Depuis quelque temps, j’ai l’impression de ne plus être la même personne. Je me surprends parfois à me regarder dans le miroir et à me demander : « Qu’est-ce qui m’arrive ? »

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Suite de l’article : Moi qui étais autrefois calme, souriante, patiente avec les autres, je me sens aujourd’hui plus nerveuse, plus froide, et surtout plus facilement irritée. Et le plus étrange dans tout cela, c’est que je sais très bien, au fond de moi, que ce n’est pas vraiment moi.

Tout a commencé après que mon mari a pris une autre épouse. Dans notre contexte ici au Sénégal, la polygamie est une réalité que beaucoup de couples vivent, parfois avec acceptation, parfois avec douleur. Dans mon cas, même si j’ai essayé de rester digne et de garder le silence, quelque chose s’est cassé à l’intérieur de moi. Je continue à gérer mon foyer, à remplir mes responsabilités, à sourire devant les gens… mais à l’intérieur, c’est un tout autre monde.

Je vis avec une sensation constante d’insécurité, comme si je devais toujours être sur mes gardes. Je réfléchis trop, je me pose mille questions, parfois sans réponse. Une fatigue mentale s’est installée, discrète mais lourde. Même quand tout semble calme autour de moi, mon esprit, lui, ne se repose jamais vraiment. Il y a aussi cette peur silencieuse d’être mise de côté, remplacée, oubliée. Et cette peur, je crois, transforme peu à peu ma manière de réagir.

Je remarque que je deviens plus dure dans mes paroles, plus fermée dans mes échanges. Parfois, je m’énerve pour des petites choses, même avec des personnes qui n’ont rien à voir avec ce que je ressens. Ensuite, je culpabilise. Je me dis : « Ce n’est pas toi, ça. » Mais sur le moment, c’est plus fort que moi. Comme si mes émotions prenaient le dessus sur ma volonté.

Avec le temps, j’ai compris que le problème ne venait pas seulement de la situation extérieure, mais aussi de ce que cette situation fait à l’intérieur de moi. Une douleur qui dure trop longtemps finit par changer le comportement, même chez la personne la plus douce. Et quand on ne trouve pas de moyen de libérer ce poids, on commence à se transformer sans s’en rendre compte.

Aujourd’hui, je réalise que je dois faire attention à ne pas me perdre complètement dans ce que je ressens. Parce qu’au-delà du couple, au-delà de la situation, il reste une chose importante : moi-même. Et même si tout n’est pas simple, même si les émotions sont parfois difficiles à contrôler, je garde l’espoir de retrouver un jour un peu de paix intérieure, un peu de clarté, et surtout un peu de moi telle que j’étais avant.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 27/05/202
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