Le mardi 26 mai 2026, le tribunal de Dakar a rendu son délibéré dans l’affaire dite « SOS Keur Yeurmandé ». Ndella Madior Diouf a été condamnée à deux ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 500 000 FCFA pour exercice illégal de la médecine et homicide involontaire, après que le tribunal a requalifié la charge initiale.
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Suite de l’article : El Hadji Sène, Djiby Sow et Koumakh Diaham ont été acquittés. Plusieurs nourrices ont reçu des peines avec sursis et un assistant a été condamné à trois mois de prison ferme.
La défense, conduite par Maîtres Ousseynou Gaye, Youssou Camara et Aboubacry Barro, a déclaré que « Ndella Madior Diouf aurait dû bénéficier d’un acquittement général au bénéfice du doute. » La décision suscite une vive interrogation dans l’opinion publique sur la cohérence du dispositif judiciaire.
Le dossier suit une instruction longue et médiatisée qui a focalisé l’attention sur la responsabilité des acteurs de terrain et sur la protection des victimes. Les principaux chefs d’accusation portaient sur l’exercice illégal de la médecine, l’usurpation de fonction et la non-assistance à personne en danger; le tribunal a assemblé des qualifications pénales distinctes et des peines hétérogènes.
L’analyse des décisions rendues montre des contrastes frappants. Trois prévenus majeurs ont été acquittés pour l’ensemble des chefs d’accusation, alors que la prévenue principale a été reconnue coupable sur deux délits précis et condamnée à une peine ferme. Les nourrices Awa Mbaye, Fanta Cissokho et plusieurs autres ont écopé de trois mois de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger, tandis que l’assistant Cheikh Tidiane Ndiaye a reçu trois mois de prison ferme. La mise en liberté de Mme Diouf résulte de la prise en compte de la détention préventive déjà purgée, mesure qui transforme une condamnation ferme en départ immédiat du centre de détention.
Ces éléments factuels posent une série de questions pratiques et juridiques. Pourquoi des co-accusés proches des faits ont-ils été acquittés alors que la principale prévenue a été condamnée pour des délits graves? Quelle logique pénale sous-tend des peines symboliquement courtes pour des acteurs de terrain et une peine ferme réduite à néant par la détention antérieure? La juxtaposition d’un acquittement général de certains et d’une condamnation ponctuelle pour d’autres crée une impression de traitement différencié difficile à justifier par les seules pièces du dossier.
La disparité des décisions nourrit le risque d’un sentiment d’impunité: les victimes et leurs familles peuvent percevoir que la sanction effective est aléatoire, que la gravité des faits n’entraîne pas systématiquement des réponses proportionnées, et que la réparation civile et morale reste incomplète. La comparaison entre deux années de prison prononcées et trois mois avec sursis illustrent un écart de gravité perçu par l’opinion; la comparaison entre acquittement de plusieurs co-accusés et condamnation unique alimente la méfiance institutionnelle.
Des éléments factuels manquent encore pour mesurer l’impact sur les victimes: décisions civiles, réparations éventuelles et suivi des familles ne figurent pas dans l’arrêt. Reste cependant que le jeu des qualifications pénales, la répartition des peines et l’effet de la détention préventive produisent, de façon vérifiable, un résultat judiciaire fragmenté et contesté.
La sortie de ce procès laisse des proches dans l’attente d’explications juridiques et morales. Les faits, les peines et les acquittements déjà prononcés constituent un ensemble tangible: il écrase la clarté attendue et alimente une défiance durable envers la capacité de la justice à garantir l’égalité des citoyens devant la loi.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Khadidiatou Mané.
Mis en ligne : 29/05/2026
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