L'incohérence de Guy Marius Sagna mise à nu - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Emmanuel | Publié le 03/06/2026 12:06:00

L'incohérence de Guy Marius Sagna mise à nu

Je lis avec un mélange d’incrédulité et d’agacement la déclaration de Guy Marius Sagna, qui annonce, non sans une pointe de défi, sa convocation par la section de recherches de la gendarmerie pour une « affaire le concernant ».

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Suite de l’article : Il en profite pour dénoncer, avec une indignation sélective, la tentative d’enlèvement de son collègue Cheikh Bara Ndiaye devant l’Assemblée nationale. Je ne peux m’empêcher de souligner l’hypocrisie criante de ce discours. Parti pris assumé : non, Monsieur Sagna, votre attitude n’est pas celle d’un défenseur des droits, mais celle d’un opportuniste qui se tait quand ça l’arrange.

Au Sénégal, les convocations de députés par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ne sont malheureusement pas une nouveauté. Ces derniers mois, plusieurs élus ont été interpellés, convoqués, voire arrêtés dans des conditions pour le moins discutables. Cheikh Bara Ndiaye, par exemple, a été la cible d’une tentative d’interpellation musclée le 26 mai 2026, à l’intérieur même de l’Assemblée nationale, un lieu symbolique de la démocratie. Birame Soulèye Diop, lui, avait été amené manu militari en 2023 pour des accusations liées à son engagement politique. Ces cas ne sont que la pointe de l’iceberg d’une tendance inquiétante : l’instrumentalisation de la justice et des forces de l’ordre contre l’opposition.

Guy Marius Sagna se présente comme un champion de la lutte contre les abus sous le régime de Macky Sall, rappelant ses combats contre les « non-convocations, les rapts dans la rue et autres violences inutiles ». Pourtant, quand ses propres collègues subissent le même sort, où est sa voix ? Où sont ses dénonciations publiques, ses tribunes enflammées, ses appels à la solidarité parlementaire ? Nulle part. Il attend sagement que le tour vienne à lui pour sortir de son silence et jouer les victimes.

Son message, « la lutte continue », sonne creux. La justice sénégalaise, selon lui, s’occuperait davantage des « patriotes » que des « assassins de nos martyrs » ou des « tortionnaires ». Mais qui, Monsieur Sagna, a défendu ces mêmes patriotes quand ils étaient traînés devant les tribunaux ou humiliés par les FDS ? Vous, qui aujourd’hui criez à l’injustice, vous êtes resté muet comme une carpe quand vos pairs en avaient besoin.

Premièrement, l’incohérence de votre discours. Vous dénoncez les violences contre les citoyens sous Macky Sall, mais vous fermez les yeux quand vos alliés ou vous-même en bénéficiez indirectement. Où était votre indignation quand Cheikh Bara Ndiaye était traqué à l’Assemblée ? Pourquoi n’avez-vous pas exigé des comptes pour Birame Soulèye Diop, amené de force comme un vulgaire criminel ?

Deuxièmement, votre silence complice. Combien de députés ont été convoqués ou menacés ces derniers mois ? Combien de demandes de levée d’immunité parlementaire ont été déposées ? Vous n’avez jamais ouvert la bouche. Pourtant, ces affaires vous concernaient directement, en tant que membre de la classe politique. Votre réaction aujourd’hui n’est que de la pure posture.

Enfin, votre priorité sélective. Vous parlez de « reddition des comptes », mais vous omettez de rappeler que la justice doit s’appliquer à tous, y compris à ceux qui, comme vous, bénéficient de privilèges. La lutte, Monsieur Sagna, ce n’est pas seulement quand ça vous touche.

Cette situation rappelle étrangement ce qui se passe ailleurs en Afrique, où certains opposants crient à la répression… mais se taisent quand leurs propres partisans sont dans le collimateur. En France, un député convoqué par la justice le serait dans le respect des procédures, sans que ses collègues ne subissent des pressions arbitraires. Au Sénégal, l’arbitraire semble devenir la norme, et des élus comme vous, Monsieur Sagna, y contribuent par leur silence.

Guy Marius Sagna, vous avez raison sur un point : la lutte continue. Mais elle continue contre l’hypocrisie, contre ceux qui, comme vous, dénoncent les abus… seulement quand ils en sont victimes. Si vous voulez vraiment défendre les droits des députés et des citoyens, commencez par assumer vos responsabilités et cesser de vous comporter en opportuniste de la cause publique.

La justice doit être la même pour tous, y compris pour vous. Et la solidarité aussi.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 03/06/2026

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