Ce mardi 28 juillet 2026, la Haute Cour de justice a ordonné le renvoi du procès d’Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice, tout en levant son bracelet électronique.
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Suite de l’article : Sur le papier, cette décision pourrait passer pour une simple formalité procédurale. Pourtant, pour moi, elle confirme une tendance inquiétante : celle d’une justice qui, sous couvert de rigueur, semble accorder des égards à ceux qui, hier encore, en incarnaient l’autorité.
L’affaire Ismaïla Madior Fall n’est pas anodine. Accusé de corruption, tentative d’extorsion, concussion et prise illégale d’intérêts, l’ancien Garde des Sceaux était placé sous bracelet électronique depuis mai 2025. Les charges pèsent lourd, et les montants évoqués comme les 576 millions de FCFA dans un projet d’infrastructures judiciaires ne sont pas anecdotiques.
Pourtant, dès l’ouverture de l’audience, ses nouveaux avocats ont obtenu un report, arguant d’un manque d’accès aux pièces et d’une connexité avec d’autres dossiers. Des arguments recevables, sans doute. Mais qui sonnent comme une stratégie dilatoire pour un homme qui, en tant que ministre de la Justice, aurait dû savoir mieux que quiconque que la lenteur judiciaire ne doit pas servir les puissants.
Le procès a été renvoyé après les vacances judiciaires, et le bracelet électronique retiré. La Haute Cour a donc choisi la prudence, voire la clémence, envers un homme dont le dossier est pour le moins accablant. Le procureur général a beau affirmer que le dossier est « en état », la défense a su jouer des failles procédurales pour gagner du temps. Pire : cette décision intervient alors que l’affaire prend une dimension régionale, avec une saisine de la Cour de justice de la CEDEAO par Fall lui-même. Une manoeuvre qui, pour moi, détourne l’attention des faits reprochés vers un débat sur la forme plutôt que sur le fond.
Je ne peux m’empêcher de comparer cette situation à d’autres affaires de corruption en Afrique, où des responsables politiques ont souvent bénéficié de traitements de faveur. Au Nigeria, au Kenya, ou même en Afrique du Sud, les procès contre d’anciens dirigeants traînent en longueur, les peines sont allégées, voire annulées pour vice de procédure. L’impression d’impunité est tenace. Et le Sénégal, souvent cité en exemple pour sa stabilité démocratique, semble aujourd’hui emprunter ce chemin glissant.
Premièrement, l’inégalité de traitement : combien de Sénégalais ordinaires, accusés de délits bien moins graves, ont-ils pu obtenir un report d’audience pour « manque d’accès aux pièces » ? Deuxièmement, le symbole : un ancien ministre de la Justice, chargé de faire respecter la loi, se retrouve aujourd’hui à exploiter ses connaissances du système pour en retarder l’application. Enfin, la perception publique : le peuple sénégalais, qui suivait cette affaire avec attention, ne peut que constater que la justice, une fois de plus, semble deux poids, deux mesures.
Ce mardi 28 juillet 2026 restera comme un jour où la Haute Cour de justice a confirmé les doutes de beaucoup. Le renvoi du procès et la levée du bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall ne sont pas des actes neutres. Ils envoient un message : la justice sénégalaise, sous pression, hésite à frapper fort ceux qui l’ont servie.
Je ne conteste pas le droit à une défense équitable. Mais je refuse de croire que l’équité doive rimer avec complaisance. Le Sénégal mérite mieux. Une justice qui ne tremble pas devant les puissants. Une justice qui, surtout, ne donne pas l’impression de protéger les siens.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 12/08/2026
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