Gianni Infantino, président de la FIFA, a engagé des démarches auprès d’élus et de responsables américains au cours des derniers mois pour obtenir un soutien avant l’élection du bureau de la fédération prévue en mars prochain.
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Suite de l’article : Des contacts auraient visé en particulier le sénateur Marco Rubio et des membres de l’administration américaine. Cette initiative survient alors que sa candidature fait face à des oppositions au sein des fédérations et à des critiques sur sa gestion.
Le mouvement intervient dans un climat de défiance: plusieurs fédérations auraient déjà renoncé à soutenir sa réélection, et des voix internes remettent en question certaines orientations stratégiques et institutionnelles.
La tentative d’obtenir un appui politique aux États-Unis s’inscrit dans une histoire récente où la justice américaine a joué un rôle central dans les affaires de la FIFA. L’enquête du Department of Justice de 2015 a débouché sur des inculpations et sur l’arrestation de dirigeants lors d’un sommet à Zurich, avec quatorze personnes visées et des allégations portant sur plus de 150 millions de dollars de pots-de-vin. Ces événements ont montré que des liens entre acteurs privés du football et réseaux d’influence politique et économique peuvent mener à des enquêtes transnationales et à des sanctions pénales.
Chercher le soutien d’autorités politiques étrangères pose des questions concrètes sur l’indépendance opérationnelle de la fédération. Les gouvernements interviennent dans l’organisation des compétitions par l’octroi de visas, la garantie de sécurité et la mise à disposition d’infrastructures et de financements publics, ce qui donne aux États une capacité d’influence sur les calendriers et les lieux des compétitions. Dans ce cadre, des accords politiques ou des promesses de faveur peuvent apparaître comme des leviers d’appoint pour une direction en difficulté.
Les précédents de gouvernance offrent un point de comparaison instructif: lors des scandales ayant conduit au départ de Sepp Blatter, des enquêtes internationales ont révélé des pratiques opaques et des pressions externes sur les décisions sportives et commerciales. L’Institut de transparence et plusieurs observateurs ont souligné que la dépendance aux soutiens externes augmente les risques de conflits d’intérêts et d’arbitrages favorisant des intérêts privés ou étatiques. À l’échelle institutionnelle, l’acceptation d’un soutien politique peut se traduire par des concessions sur la nomination de dirigeants, sur la répartition des droits médias ou sur le calendrier des compétitions.
Des chiffres et des faits éclairent encore la problématique: la FIFA reste une organisation privée régie par des statuts internes, mais ses revenus proviennent largement de contrats commerciaux et de partenariats négociés globalement, ce qui rend les décisions sensibles aux pressions externes. La proposition d’un nouveau format de compétitions internationales portée par la présidence actuelle a déjà suscité des oppositions au sein des fédérations, ce qui explique en partie la recherche de relais politiques pour consolider une majorité.
La confrontation entre besoin de légitimité et tentation du soutien politique laisse apparaître des zones d’ombre éthiques. Lorsque des dirigeants sollicitent des appuis d’administrations étrangères en période préélectorale interne, les questions de transparence, de conflit d’intérêts et de redevabilité deviennent centrales, au risque de diluer l’autonomie d’une institution censée régir le football mondial selon des règles internes et publiques.
La trajectoire suivie par la FIFA ces dernières années combine enjeux juridiques, intérêts commerciaux et pressions politiques, et la quête d’appuis extérieurs illustre la difficulté à préserver une séparation nette entre gouvernance sportive et stratégies d’influence. Le débat sur la compatibilité entre indépendance institutionnelle et alliances politiques reste ouvert, alors que l’élection à venir concentre les regards sur les choix à venir et sur la capacité de la fédération à renforcer ses mécanismes de contrôle et de transparence.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aicha D.
Mis en ligne : 21/08/2026
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