Francis Kpatindé, ancien journaliste de Jeune Afrique et ex-porte-parole du HCR, a déclaré sur RFI le 8 mai que quatre candidats passaient un grand oral à New York pour la succession d’Antonio Guterres et que la date limite officielle de dépôt des candidatures avait été le 1er avril.
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Suite de l’article : Il a cité la possibilité que la personne choisie ne figure pas sur la liste actuelle et a évoqué des noms circulant dans les couloirs, dont Amina Mohamed et Gianni Infantino.
Après ces éléments factuels, la remarque de M. Kpatindé suggère une course ouverte et susceptible d’évolutions de dernière minute, une situation qui soulève des questions sur la visibilité et les règles du choix. La convocation d’auditions publiques s’accompagne de pratiques informelles qui restent peu documentées et qui affectent la confiance du public.
Le processus formel de nomination combine des consultations au Conseil de sécurité et une approbation par l’Assemblée générale. Les cinq membres permanents du Conseil disposent d’un droit de veto, et les consultations préalables se tiennent majoritairement à huis clos à New York. La limite administrative du 1er avril n’empêche pas, selon des témoins, l’apparition de candidatures de dernière minute ou d’alliances souples en coulisses.
L’analyse des mécanismes montre plusieurs points concrets. D’abord, le calendrier officiel inclut des auditions publiques, mais la phase décisive reste la délibération au sein du Conseil de sécurité, où les réunions informelles et les « straw polls » non contraignantes servent à tester des compromis. Ensuite, la présence dans les rumeurs de profils très différents — la vice-secrétaire générale Amina Mohamed, binationale du Nigeria et du Royaume-Uni, et Gianni Infantino, président de la FIFA dont la proximité avec l’ancien président américain Donald Trump a été soulignée — illustre la variabilité des critères qui interviennent dans la sélection.
Trois arguments factuels renforcent la préoccupation exprimée par l’angle choisi. Le premier: la possibilité d’apparition tardive d’un candidat, attestée par les déclarations publiques de personnalités expertes, crée un espace propice aux marchandages diplomatiques entre États. Le deuxième: le droit de veto des cinq membres permanents confère un pouvoir disproportionné à quelques acteurs, ce qui favorise des accords bilatéraux ou multilateraux en marge des procédures publiques. Le troisième: malgré l’introduction en 2016 d’auditions publiques pour les candidats à la succession qui a rendu visible une partie du débat, les consultations finales restent opaques et concentrées dans des cercles restreints.
Sur le plan comparatif, la situation oppose l’apparence d’une procédure plus ouverte — avec auditions publiques — à la réalité d’un choix souvent bâti par compromis discret au Conseil, comme l’a montré la sélection précédente en 2016-2017 où des dialogues publics ont cohabité avec des négociations privées. De plus, la diversité des profils évoqués met en lumière une pratique différente de celle des élections nationales où les règles de dépôt de candidatures et la publicité des listes sont strictes.
Des éléments factuels supplémentaires confirment la fragilité de la transparence: les règles internes du Conseil de sécurité ne prévoient pas de mécanisme contraignant pour empêcher des candidatures tardives, et les rapports publics sur la procédure restent limités à des comptes rendus sommaires. Les observateurs diplomatiques relayés dans les médias ont décrit des « couloirs » de négociation où les alliances se forment et se défont sans trace écrite publique.
Le bilan factuel présente un paradoxe: l’architecture institutionnelle affiche un objectif de transparence tandis que les pratiques opérationnelles autorisent des réajustements opportuns. L’annonce ou l’émergence de candidatures de dernière minute apparaît comme une modalité qui favorise des compromis opaques et affaiblit la lisibilité des critères de choix, laissant subsister un fossé entre la procédure affichée et les pratiques effectives de désignation.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Emmanuel M.
Mis en ligne : 05/08/2026
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