Le débat public organisé à New York le 23 juillet 2026 entre les six candidats à la succession d’Antonio Guterres a offert une nouvelle occasion d’évaluer les profils en compétition. Si cette confrontation n’a pas désigné officiellement de vainqueur, elle a néanmoins permis à chacun de présenter sa vision de l’avenir des Nations unies.
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Suite de l’article : Dans cet exercice, Macky Sall a, à notre sens, affiché des atouts qui méritent une attention particulière. Son expérience de chef d’État, sa connaissance des enjeux économiques mondiaux et son approche des réformes du système multilatéral peuvent faire de lui l’un des candidats les plus solides de cette compétition.
La succession d’Antonio Guterres intervient dans un contexte particulièrement délicat. L’ONU doit faire face à des conflits persistants, à une crise de confiance envers les institutions internationales, à des difficultés financières et à une multiplication des défis économiques et géopolitiques. Le prochain secrétaire général devra donc être capable de dialoguer avec des États aux intérêts parfois contradictoires, tout en défendant la crédibilité du multilatéralisme.
C’est précisément sur cette capacité à embrasser plusieurs dimensions que Macky Sall semble disposer d’un avantage. Contrairement à des candidats dont le parcours est davantage spécialisé dans un domaine particulier, l’ancien président sénégalais peut mettre en avant une expérience politique et institutionnelle plus large. Son parcours à la tête d’un État lui a permis d’être confronté directement aux questions de développement, de sécurité, de diplomatie et de financement.
Son intervention sur la dette des pays en développement illustre particulièrement cette approche. En mettant l’accent sur les conditions de financement et sur le coût du crédit pour les économies émergentes, Macky Sall a placé au cœur du débat une question qui concerne directement une grande partie du monde. Sa proposition d’un dialogue réunissant États, institutions financières, agences de notation, secteur privé et société civile traduit une volonté de rechercher des solutions collectives plutôt que de limiter la réflexion aux mécanismes traditionnels.
Cette orientation peut être considérée comme un véritable atout pour une organisation qui cherche à rapprocher les pays développés et les pays en développement. Dans ce domaine, le profil de Macky Sall peut trouver un écho particulier auprès des États africains et du Sud global. Sa candidature a d’ailleurs été officiellement soutenue par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui l’a présentée comme une candidature du Sénégal au service de l’Afrique. Cette évolution renforce la portée diplomatique de sa campagne, même si la décision finale dépendra d’un processus complexe impliquant notamment le Conseil de sécurité.
La question de la réforme de l’ONU constitue un autre élément important. Macky Sall a défendu l’idée d’une organisation plus efficace et plus forte, tout en affirmant qu’un secrétaire général devait utiliser son influence pour favoriser le dialogue autour de la réforme du Conseil de sécurité. Cette position mérite d’être soulignée. Même lorsque les pouvoirs institutionnels du secrétaire général sont limités, son autorité politique et diplomatique peut contribuer à créer des espaces de discussion.
Cette approche rappelle, dans une certaine mesure, le rôle joué par plusieurs anciens secrétaires généraux africains, notamment Kofi Annan, qui avait incarné une diplomatie fondée sur le dialogue et la recherche de compromis. La comparaison ne signifie évidemment pas que les deux parcours sont identiques, mais elle montre qu’un responsable africain peut occuper une place centrale dans la diplomatie mondiale lorsque son profil répond aux exigences du moment.
Le choix de Macky Sall de s’exprimer principalement en français lors du débat peut également être interprété comme un signal. Le français est l’une des six langues officielles de l’ONU, et son utilisation rappelle la diversité linguistique et culturelle de l’organisation. Dans une institution fondée sur la représentation de différentes régions du monde, cette dimension symbolique n’est pas négligeable.
Bien entendu, la candidature de Macky Sall ne doit pas être présentée comme acquise. La compétition reste ouverte et les autres candidats disposent eux aussi d’expériences importantes. Le processus de sélection est avant tout politique et diplomatique. Les qualités démontrées lors d’un débat public ne suffisent donc pas, à elles seules, à garantir une nomination.
Mais si l’on s’en tient à la prestation de New York, un constat peut raisonnablement être défendu : Macky Sall a démontré qu’il pouvait se positionner sur plusieurs grands dossiers à la fois. Sa connaissance des réalités africaines, son expérience présidentielle, son discours sur la dette et son ambition de réformer le multilatéralisme lui donnent une dimension internationale qui mérite d’être prise au sérieux.
Au terme de cette étape, il serait donc légitime de considérer Macky Sall comme l’un des candidats les plus solides de la course. Non pas parce que son élection serait déjà acquise, mais parce que son profil répond à plusieurs des défis auxquels l’ONU est aujourd’hui confrontée. Dans un monde marqué par les divisions, la crise de confiance et les inégalités de financement, la capacité à faire dialoguer les différentes régions du monde pourrait devenir l’une des qualités les plus recherchées. À ce titre, la prestation de Macky Sall à New York pourrait bien constituer un moment important dans une candidature qui entend désormais convaincre au-delà des frontières du Sénégal et de l’Afrique.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/08/2026
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