Mamadou Coulibaly, directeur général de la SEMIG SA et pionnier de PASTEF dans le département de Bakel, a annoncé récemment qu’il quittait PASTEF pour rejoindre la dynamique présidentielle du président Bassirou Diomaye Faye.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Dans une déclaration publique, il a précisé avoir consulté sa base et échangé avec les responsables avant d’exposer son intention d’accompagner le chef de l’État, invoquant l’intérêt supérieur de la nation. L’annonce a été faite à Bakel, dans un contexte local marqué par des attentes de développement.
Le département de Bakel est cité par Coulibaly comme priorité pour des projets d’infrastructures et de services publics.
Le basculement mérite un décryptage calme mais sans complaisance. D’un côté se trouvent des éléments vérifiables : Coulibaly est à la tête de la SEMIG SA, il se présente comme fondateur et animateur historique de PASTEF dans la zone et il a publiquement appelé les militants à soutenir le président. Il a listé des promesses concrètes pour Bakel : la construction d’un hôpital, le raccordement des villages à l’électricité, le forage d’eau, la réhabilitation des routes et l’accès aux institutions financières pour les femmes formées. Il a en outre souligné la confiance présidentielle à son égard et évoqué la logique de nomination à de hautes fonctions comme preuve de cette confiance.
De l’autre côté, les faits exposés par le principal intéressé offrent des clés d’interprétation. Le fait qu’un fondateur local quitte le mouvement qu’il a contribué à installer, après avoir mobilisé la jeunesse et les militantes sur le terrain, est un signal politique fort et mesurable. Coulibaly rappelle avoir « consulté notre base », mais il affirme aussi bénéficier d’« une grande confiance du Président de la République ». Ces deux éléments, mis côte à côte, documentent la séquence : ancrage local suivi d’un ralliement ouvert au sommet de l’État.
Plusieurs éléments renforcent l’apparence d’un calcul opportuniste. Premier élément factuel : la mise en avant de la confiance présidentielle et de la perspective de nomination, ce qui personnalise le geste autour d’un avantage lié à l’échelle nationale. Second élément factuel : la promesse de projets précis pour Bakel, annoncés simultanément au ralliement, qui lie l’engagement politique à des retombées locales attendues. Ces faits ne prouvent pas une trahison morale mais ils montrent une logique d’échange politique reconnaissable dans d’autres recompositions locales.
Pour donner un peu d’épaisseur, on peut poser deux comparaisons simples sans prétendre à l’exhaustivité : le cas rappelle des basculements observés dans d’autres circonscriptions où des cadres locaux ont quitté leur mouvement d’origine après des rapprochements avec l’exécutif, et il ressemble à une situation où un artisan change d’atelier parce qu’un nouveau patron promet de financer ses outils de travail. Ces images servent à clarifier le mécanisme politique sans l’inventer.
Les conséquences tangibles à surveiller sont celles annoncées par Coulibaly lui-même : la réalisation des infrastructures listées et l’accès effectif des femmes et de la jeunesse aux financements. Les militants de Bakel disposent d’éléments concrets pour juger la portée du ralliement : la parole publique du dirigeant, les engagements de l’exécutif et la rapidité de mise en œuvre des projets promis.
En synthèse, les faits publicisés montrent un élu local puissant qui bascule vers la majorité présidentielle en mettant en avant la confiance du chef de l’État et des retombées pour sa circonscription. Pour les militants qui l’ont porté, le ralliement pose une question factuelle et mesurable sur la cohérence entre les engagements pris sur le terrain et les choix stratégiques de leur ancien leader. Les prochains mois permettront de vérifier si les promesses pour Bakel se traduisent en réalisations concrètes ou si ce mouvement restera perçu comme une manœuvre priorisant des intérêts personnels.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Médoune D.
Mis en ligne : 06/08/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





