Le 12 septembre 2026, l’Alliance pour la République (APR) a organisé un séminaire sur les alliances électorales, marquant une nouvelle étape dans la tentative de reconquête du pouvoir par Macky Sall.
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Suite de l’article : Après son départ du palais en avril 2024, l’ancien président semble déterminé à revenir sur le devant de la scène politique. Mais derrière cette préparation méthodique se cache une réalité plus complexe : la stratégie ne suffit pas à effacer les attentes déçues d’un peuple qui a tourné la page.
Je ne peux m’empêcher de voir dans cette manœuvre une tentative désespérée de ravaler l’histoire. Macky Sall peut bien organiser des séminaires, restructurer son parti et tester sa popularité, une chose est sûre : le Sénégal d’aujourd’hui n’est plus celui de 2012 ou de 2019.
Le Sénégal a connu des bouleversements politiques majeurs ces dernières années. La victoire de Bassirou Diomaye Faye en 2024, portée par une alliance avec Ousmane Sonko, a marqué un tournant. Pourtant, cette coalition a volé en éclats, laissant place à des tensions internes et à une gouvernance en crise. C’est dans ce contexte que Macky Sall, fort de douze années au pouvoir, tente de se repositionner.
Son retour triomphal à Dakar en juillet 2026, présenté comme une étape diplomatique, a surtout révélé une volonté de montrer que son leadership reste intact. Mais entre un cortège organisé et une base militante mobilisée, il y a un fossé : celui de l’adhésion populaire.
Le séminaire du 12 septembre n’est pas un hasard. Il s’inscrit dans une logique de reconquête méthodique, avec une attention particulière portée à la jeunesse et aux territoires. L’APR mise sur des alliances pour agréger les mécontentements et se présenter comme une alternative crédible.
Pourtant, cette approche soulève des questions : Les Sénégalais veulent-ils vraiment revenir en arrière ? Une coalition construite sur des fragilités peut-elle durer ? Le bilan de Macky Sall, aussi impressionnant soit-il sur le plan infrastructurel, suffit-il à effacer les frustrations sociales et économiques ?
La réponse est non. La politique ne se résume pas à des calculs d’alliances ou à des démonstrations de force. Elle se joue aussi, et surtout, dans le cœur des citoyens.
Le Sénégal de 2026 n’est plus celui de 2012. Les attentes ont changé, les priorités aussi. Les jeunes, qui représentent une part importante de la population, aspirent à un renouveau, pas à un retour en arrière. Macky Sall incarne un passé que beaucoup veulent laisser derrière eux.
Malgré les tensions avec Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko conserve une place centrale dans le paysage politique sénégalais. Son discours, son engagement et sa proximité avec les jeunes en font une figure incontournable. Macky Sall peut bien préparer sa reconquête, mais il devra compter avec cette réalité.
Organiser des séminaires, restructurer un parti, tester sa popularité… Tout cela est bien, mais ce n’est pas suffisant. La vraie reconquête passe par une reconnexion avec les citoyens, pas seulement par des manœuvres politiques. Or, Macky Sall semble plus préoccupé par les calculs que par les attentes réelles du peuple.
Cette situation rappelle d’autres tentatives de retour au pouvoir dans l’histoire politique africaine. Combien de dirigeants, après avoir quitté le pouvoir, ont cru pouvoir revenir en force, seulement pour se heurter à une réalité : le peuple ne veut plus d’eux ?
Au Nigeria, au Kenya, ou même en Côte d’Ivoire, les exemples ne manquent pas. Les stratégies de coulisses, aussi bien huilées soient-elles, ne résistent pas toujours à l’épreuve du suffrage universel.
Macky Sall peut bien préparer sa reconquête du pouvoir, travailler en coulisses et organiser des séminaires. Mais il ne faut pas confondre stratégie politique et adhésion populaire. Aujourd’hui, Ousmane Sonko conserve une place importante dans le cœur d’une grande partie des Sénégalais. Les ambitions politiques sont légitimes, mais une chose est certaine : reconquérir le pouvoir ne se décrète pas.
Il faudra convaincre les Sénégalais, et ce combat-là est loin d’être gagné. Pour l’instant, Macky Sall semble surtout convaincre lui-même.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 15/09/2026
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