Je lisais récemment les déclarations de la Nouvelle Responsabilité/Thiès, qui dressent un tableau apocalyptique du Sénégal sous la gouvernance de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko : « Le pays est bloqué, tous les secteurs de la vie nationale sont à genoux. »
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Suite de l’article : Force est de constater que ce diagnostic, aussi sévère soit-il, n’est pas isolé. Les Sénégalais, épuisés par des années d’instabilité économique, de tensions politiques et de promesses non tenues, partagent largement ce sentiment de désillusion. Mais voici ce qui me dérange : à force de répéter que tout va mal, on oublie l’essentiel. Critiquer est facile. Proposer, voilà le vrai défi.
Le Sénégal traverse une période charnière. Après l’alternance historique de 2024, portée par l’espoir d’une rupture avec les pratiques du passé, les réalités du pouvoir ont rapidement rattrapé les idéaux. Les tensions entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois alliés, ont paralysé l’exécutif et fragilisé la confiance des citoyens. Les réformes peinent à se concrétiser, le coût de la vie explose, et l’emploi reste un mirage pour des milliers de jeunes. Dans ce contexte, l’opposition a un rôle crucial à jouer. Mais quel rôle ?
Celui de caisse de résonance des frustrations, ou celui de force de proposition crédible ?
L’article souligne à juste titre que « le contrôle de la situation semble échapper » aux dirigeants actuels. Les responsables de la Nouvelle Responsabilité enfoncent le clou en affirmant que « la misère collective des Sénégalais » est la preuve de l’incapacité de l’exécutif. Soit. Mais où sont les alternatives ?
Il est aisé de pointer du doigt les échecs des autres. Il est bien plus difficile de présenter un projet cohérent, réaliste et mobilisateur. Pourtant, c’est précisément ce que les Sénégalais attendent. Ils ne veulent plus entendre que « tout est bloqué » ou que « le pays est à genoux ». Ils veulent savoir : qui peut les relever, et comment ?
Si la Nouvelle Responsabilité estime que Diomaye et Sonko ont « montré leurs limites », elle doit aller plus loin. Dénoncer l’incapacité des dirigeants actuels ne suffit pas. Il faut démontrer en quoi Amadou Ba, qu’ils présentent comme « le seul à pouvoir sauver le Sénégal », offrirait une gouvernance différente. Quels sont ses plans concrets pour relancer l’économie ? Comment compte-t-il restaurer la confiance dans les institutions ? Les Sénégalais méritent des réponses claires, pas des slogans.
Les rivalités au sommet de l’État, comme celles entre Faye et Sonko, ont déjà causé assez de dégâts. L’opposition ne doit pas reproduire les mêmes erreurs. Au lieu de se contenter de critiquer la gestion actuelle, elle devrait proposer des mécanismes de dialogue et de consensus. Par exemple, pourquoi ne pas exiger la mise en place d’une commission nationale indépendante pour évaluer les réformes en cours et proposer des corrections ? La politique, c’est l’art du possible, pas celui de l’obstruction systématique.
Ailleurs en Afrique, des oppositions ont su se muer en forces de proposition. Au Ghana, face à une dette abyssale, le gouvernement a négocié une restructuration avec le FMI, évitant le défaut de paiement. Au Rwanda, l’opposition, bien que limitée, a su travailler sur des programmes concrets en matière d’éducation et de santé. Pourquoi le Sénégal ne pourrait-il pas s’inspirer de ces modèles ?
La situation sénégalaise rappelle celle de nombreux pays africains où l’alternance politique a déçu. En Tunisie, après la révolution de 2011, les divisions politiques ont plongé le pays dans le chaos. En Libye, l’absence de leadership crédible a prolongé l’instabilité. Le Sénégal a-t-il les moyens d’éviter ce scénario ?
La réponse réside dans la capacité de l’opposition à dépasser les clivages et à présenter un front uni autour d’un projet commun. Amadou Ba et la Nouvelle Responsabilité ont une opportunité historique : celle de montrer que l’opposition peut être un acteur de solutions, et pas seulement un spectateur critique.
Je ne nie pas la gravité de la situation. Oui, le Sénégal est en difficulté. Oui, les dirigeants actuels ont déçu. Mais si l’on se contente de répéter ces vérités, sans jamais avancer de pistes crédibles, on ne fait que nourrir le désespoir.
L’opposition sénégalaise doit cesser d’être un simple haut-parleur de mécontentement. Elle doit devenir une force de proposition, capable de rassembler, de convaincre et de construire. Les Sénégalais n’ont pas besoin qu’on leur rappelle sans cesse que tout va mal. Ils ont besoin de savoir comment on compte les sortir de l’impasse.
Alors, à la Nouvelle Responsabilité et à tous ceux qui critiquent aujourd’hui, je pose cette question : Quelle est votre feuille de route pour le Sénégal ? Car une opposition responsable ne se mesure pas à la virulence de ses attaques, mais à la solidité de ses alternatives. Et sur ce point, le compte n’y est pas encore.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 14/09/2026
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