L’article révélant le dilemme d’Ousmane Sonko face à la loi de finances rectificative (LFR) met en lumière une crise politique aussi délicate qu’hypocrite.
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Suite de l’article : Je ne peux que constater, avec amertume, que cette situation illustre les limites d’une opposition qui, en refusant de voter un texte censé soulager les Sénégalais, risque de passer pour l’ennemi public numéro un. Mon parti pris est négatif, car ce dilemme est avant tout le symptôme d’un jeu politique où l’intérêt général est trop souvent sacrifié sur l’autel des égocentrismes.
Le Sénégal s’apprête à bénéficier d’un accord de 1 243 milliards de francs CFA avec le FMI, destiné à soutenir les ménages et à régler les dettes de l’État envers les entreprises. Bassirou Diomaye Faye, le président, mise sur cette manne pour apaiser les tensions sociales et relancer son programme économique. Pourtant, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et leader du Pastef, détient une majorité absolue. D’un claquement de doigts, il pourrait faire rejeter la LFR.
Comme le souligne WalfQuotidien, « ne pas voter la LFR pourrait avoir des conséquences politiques contre Pastef et son leader, sans pour autant empêcher le Sénégal de recevoir les fonds » ne pas voter la LFR pourrait avoir des conséquences politiques contre Pastef et son leader, sans pour autant empêcher le Sénégal de recevoir les 1 243 milliards de francs CFA promis par le Fonds monétaire international (FMI).
Je vois dans cette hésitation une stratégie politique mal assumée. Sonko réclame la publication du mémorandum du FMI pour « ouvrir un débat sain », comme il l’a lui-même déclaré Ousmane Sonko réclame la publication du mémorandum « pour qu’un débat sain soit ouvert sur les engagements du Sénégal, à défaut, de le transmettre à l’Assemblée nationale ». Mais je me demande : pourquoi cette exigence de transparence n’a-t-elle pas été formulée plus tôt ? Le problème, c’est que le FMI versera ses fonds au Sénégal, que la LFR soit votée ou non. Le rejet du texte par Pastef n’empêchera pas Dakar de toucher les 1 243 milliards. Alors, à quoi bon ce blocage ? À marquer des points politiques ? La réalité, c’est que ce refus serait avant tout symbolique, et coûteux en termes d’image.
Premièrement, le rejet de la LFR serait un coup d’épée dans l’eau. Le FMI ne conditionne pas son aide au vote de ce texte. Sonko le sait. Alors, s’opposer, ce serait prendre le risque de passer pour le parti qui bloque les intérêts des Sénégalais, sans aucun bénéfice concret. Comme le note Xalima, « À l’image de leur leader, les responsables du parti ne comptent pas ‘lâcher l’affaire’ » À l’image de leur leader, Ousmane Sonko, les responsables du parti ne comptent pas « lâcher l’affaire ». Mais à quel prix ?
Deuxièmement, voter la LFR, c’est offrir à Faye une victoire politique. Le président pourrait alors se targuer d’avoir su rassembler, y compris avec l’appui de son ancien allié, pour faire avancer le pays. Troisièmement, Sonko se retrouve coincé entre deux feux : s’il vote, il trahit ses principes ; s’il ne vote pas, il trahit l’image de Pastef comme parti soucieux du peuple. Enfin, ce dilemme révèle une faille dans la stratégie du Pastef : en misant sur la confrontation systématique, le parti s’est peint dans un coin. Aujourd’hui, il n’a plus de marge de manœuvre.
Regardons ailleurs. En Grèce, Syriza a dû, malgré ses promesses, accepter les plans d’austérité du FMI pour éviter l’effondrement. Au Nigeria, les tensions entre le pouvoir et l’opposition sur les accords avec le FMI ont souvent paralysé le pays, sans pour autant empêcher les réformes. Sonko, lui, semble vouloir éviter le sort de la Grèce, mais sans assumer pleinement les conséquences de ses choix. En Europe, les partis d’opposition votent parfois des lois qu’ils critiquent, par responsabilité. Pourquoi pas au Sénégal ? La réponse est simple : parce que l’opposition sénégalaise, aujourd’hui, préfère souvent le symbole à la substance, au détriment du peuple.
Je le dis sans détour : ce dilemme est le résultat d’une opposition qui a misé sur la radicalité sans toujours mesurer les risques. Sonko a construit son image sur la résistance, mais aujourd’hui, il se retrouve otage de cette posture. Voter la LFR, ce serait renier ses principes. Ne pas la voter, ce serait renier son rôle de représentant du peuple. Dans les deux cas, il perd. La vraie question n’est pas de savoir s’il doit voter ou non, mais de comprendre pourquoi on en est arrivé à cette impasse politique. Et ça, c’est une responsabilité qui dépasse largement les épaules d’un seul homme, mais qui pèse sur tout un système.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 11/09/2026
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