L’appel lancé par Mansour Faye en faveur de la dissolution de l’Assemblée nationale, pour « clarifier » la situation politique, me laisse sans voix.
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Suite de l’article : Je ne peux que m’indigner contre cette dérive, qui, sous couvert de stabilité, risque d’enfoncer le Sénégal dans une spirale d’instabilité et de détournement des priorités nationales.
La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko a plongé le pays dans une crise institutionnelle inédite. Après des mois de tensions, le limogeage de Sonko comme Premier ministre, suivi de son élection à la tête de l’Assemblée nationale, a scellé la fin du tandem « Diomaye mooy Sonko ». Aujourd’hui, le Sénégal se retrouve avec un exécutif divisé et un législatif dominé par une majorité hostile au président. Dans ce climat empoisonné, Mansour Faye propose la dissolution comme solution miracle, comme si un simple coup de balai pouvait effacer les divisions profondes qui minent le pays.
la frustration face à un Parlement qui bloque les réformes et alimente les tensions. Mais la dissolution n’est pas une solution, c’est une fuite en avant. Mansour Faye, en appelant à cette mesure, semble vouloir offrir à Diomaye Faye une majorité docile, comme si la démocratie se résumait à un alignement politique. Pourtant, la vraie question est ailleurs : pourquoi en est-on arrivé là ? Parce que le pouvoir a été capturé par des rivalités personnelles, au détriment de l’intérêt général. Le projet de référendum constitutionnel, initialement annoncé, aurait pu être l’occasion d’un débat national sur des réformes structurelles. Mais non : on préfère jouer avec les institutions pour des calculs politiciens.
Je le dis sans détour : la dissolution serait un aveu d’échec. D’abord, elle ne garantit pas une majorité stable. Les élections anticipées pourraient renforcer les divisions, comme en France en 1997, où la dissolution a conduit à une cohabitation forcée et à des années de blocage. Ensuite, elle détourne l’énergie des urgences économiques et sociales. Le Sénégal fait face à une dette croissante, à un chômage endémique et à des attentes sociales immenses. Enfin, un référendum, comme proposé initialement, aurait au moins eu le mérite de consulter directement les citoyens sur des réformes profondes, plutôt que de manipuler les institutions pour des intérêts partisans.
Regardons ailleurs. En Tunisie, les dissolutions successives du Parlement ont plongé le pays dans l’instabilité chronique. Au Brésil, les tensions entre exécutif et législatif ont paralysé le pays pendant des années. Le Sénégal, souvent cité en exemple de stabilité démocratique en Afrique, risque de suivre ces mauvais exemples. La dissolution n’est pas un outil de clarification, mais un aveu d’impuissance. Pire, elle pourrait ouvrir la porte à des mois, voire des années, de blocage politique, alors que le pays a besoin de réponses concrètes à ses défis sociaux et économiques.
Je ne peux que m’opposer à cette logique. La priorité doit rester la gestion des préoccupations des Sénégalais : l’emploi, la santé, l’éducation. La dissolution de l’Assemblée nationale, loin de résoudre la crise, l’aggraverait. Il est temps de retrouver le chemin du dialogue et du compromis, plutôt que de jouer avec le feu des institutions. Le Sénégal mérite mieux que ces calculs politiciens. La stabilité ne se décrète pas, elle se construit. Et elle commence par le respect des citoyens, pas par des manœuvres électorales.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 02/09/2026
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