Mandat de cinq ans : L'excuse qui masque l'absence de résultats - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 22/08/2026 12:08:30

Mandat de cinq ans : L'excuse qui masque l'absence de résultats

Arona Coumba Ndoffène Diouf a déclaré récemment au Sénégal que « aucun président ne peut développer ce pays en cinq ans », déclenchant une polémique et une réaction d’Aminata Touré.

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Suite de l’article : Lors de la même intervention, il a précisé que ses propos relevaient d’un débat d’idées et non d’une prise de position partisane. Il a aussi insisté sur les contraintes techniques des grands projets et sur l’absence de marge pour modifier un mandat en cours.

La déclaration s’inscrit dans un débat public récurrent sur la durée des mandats et la continuité des politiques publiques au Sénégal.

Diouf a appuyé son raisonnement sur des éléments concrets: les études préalables et la préparation des chantiers exigent du temps, selon lui. Il a cité les projets de Transport Express Régional et de Bus Rapid Transit comme exemples où les seules études peuvent durer près de trois ans. Cette chronologie place déjà le calendrier d’une grande opération à mi-parcours d’un mandat de cinq ans, avant même que les appels d’offres, le financement et les travaux ne commencent. Il a aussi rappelé que, avec la précédente magistrature, certains grands chantiers n’ont été lancés qu’à la fin du premier mandat, ce qui illustre un décalage fréquent entre décisions politiques et réalisations visibles.

L’analyse factuelle met en évidence plusieurs mécanismes structurant ce décalage. Les phases de diagnostic, études d’impact et finalisation des dossiers techniques demandent des mois, souvent des années, avant la mise en chantier. La passation des marchés publics suit des procédures longues qui prolongent les délais, surtout pour les opérations de grande envergure. L’instabilité administrative complique encore la continuité: le conférencier a dénoncé des remaniements fréquents et des rotations de directions qui interrompent la mise en œuvre. Ces éléments sont des données opérationnelles, pas des opinions.

Sur le plan politique, l’argument selon lequel un mandat de cinq ans serait insuffisant peut produire deux effets concrets comparables. Le premier consiste à juxtaposer la durée des études et des travaux au calendrier politique: si trois ans sont consommés par la préparation, il ne reste qu’une marge réduite pour l’exécution visible avant la fin du mandat. Le second effet tient à la responsabilité démocratique: en déplaçant le centre du débat vers la temporalité technique, la discussion publique peut perdre de vue l’évaluation des choix stratégiques, la qualité de la gestion et la tenue des engagements budgétaires. Ces effets résultent de l’interaction entre la durée administrative des projets et la rotation des acteurs politiques.

Des éléments factuels viennent enrichir la réflexion: la référence aux trois années d’études pour le TER et le BRT, la constatation d’interruptions liées à des changements de direction, et l’exemple chronologique tiré de la précédente présidence. Ces observations suffisent à montrer que la durée seule ne résout pas les problèmes de pilotage et que la mise en œuvre dépend autant de stabilité institutionnelle que de calendrier.

Loin d’ôter toute légitimité au constat technique, ces faits montrent que la formule « aucun président ne peut développer le pays en cinq ans » peut servir, parfois, de prétexte pour minimiser l’examen des résultats obtenus et pour éluder des questions de responsabilité administrative. Le propos de Diouf renouvelle donc un débat utile, mais les éléments factuels qu’il avance invitent à plus de transparence sur les calendriers, sur la gouvernance des projets et sur la tenue des engagements politiques.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aissatou M.
Mis en ligne : 22/08/2026

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