Aly Ngouille Ndiaye se présente comme le chantre de la transparence en exigeant des explications sur la dotation de 1,7 milliard de francs CFA attribuée à l’ancien Premier ministre.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Cette posture, qui a retenti dans les médias, est séduisante à première vue, mais elle sonne creux quand on regarde les zones d’ombre qui entourent le protagoniste. La critique doit être adressée : réclamer la lumière pour les autres tout en ménageant ses propres silences inspire la méfiance plutôt que la confiance.
Le contexte est simple et sérieux. La question des fonds spéciaux agite l’opinion parce qu’elle touche à la gestion des ressources publiques et à l’éthique des responsables. L’ancien ministre met en cause la périodicité et le montant de la dotation, évoquant le risque d’un financement clandestin qui grimperait jusqu’à plusieurs milliards par an si la somme de 1,7 milliard était trimestrielle. Il soulève aussi le fait que certains successeurs n’auraient trouvé aucune enveloppe disponible, laissant entendre une consommation totale des crédits avant la passation. Ce questionnement mérite réponse, mais il ne suffit pas d’accuser l’autre pour se présenter en modèle moral.
L’analyse révèle des contradictions gênantes. L’homme déploie un portrait valorisant de sa propre exigence de clarté, tout en disant détenir des informations dont il refuse pour l’instant la divulgation. Ce choix fragilise son message : comment réclamer la transparence sans livrer ce que l’on sait ? La réserve peut être justifiée par des motifs stratégiques, judiciaires ou politiques, mais elle crée une asymétrie entre le jargon de la vertu publique et la pratique du secret privé. Cette posture rappelle la dissonance qui apparaît quand on compare un phare qui éclaire l’horizon et cache la puissance qui l’alimente, ou quand on songe à un professeur qui exige la parole sans se soumettre lui-même à l’examen.
Plusieurs arguments militent pour une exigence plus honnête. D’abord, l’égalité devant l’explication : si l’on demande comptes à un ancien Premier ministre, on doit soumettre ses propres éléments à la même vérification. Ensuite, l’intérêt public : le débat sur des montants aussi élevés exige des faits vérifiables, des documents, des dates et des ordres de mission, pas seulement des allusions. Enfin, la crédibilité personnelle : un camp qui pratique la transparence sélective perd du terrain moral et expose ses adversaires à l’accusation de manipulation.
Des éléments concrets renforcent ces doutes. L’échange public a évoqué des noms d’anciens Premiers ministres et laissé planer l’idée que la pratique serait nouvelle sous la « nouvelle séquence politique », expression fréquente dans les milieux politiques, qui invite à comparer régimes et usages. La déclaration « Cela a commencé par Sonko » peut servir de point de départ, mais elle ne remplace pas la pièce comptable ou le rapport parlementaire qu’on attendrait d’un défenseur de la transparence.
La leçon tient en peu de mots : la morale imposée aux autres doit s’appliquer à soi-même. Quand la posture publique refuse l’épreuve de la preuve, elle perd en force et inquiète ceux qui voudraient croire en un vrai sursaut d’éthique. La société mérite des acteurs qui non seulement dénoncent les opacités, mais acceptent aussi d’être examinés et questionnés sans réserve. Sans cet effort, les beaux discours resteront des discours, et la confiance continuera de se fissurer.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Sokhna M.
Mis en ligne : 28/08/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




