Pourquoi le Sénégal a-t-il encore besoin d’un étranger pour diriger ses Lions ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Maimouna | Publié le 01/09/2026 09:09:00

Pourquoi le Sénégal a-t-il encore besoin d’un étranger pour diriger ses Lions ?

L’annonce a fait l’effet d’une bombe : Patrick Vieira, ancien capitaine des Bleus, est le nouveau sélectionneur du Sénégal.

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Suite de l’article : La Fédération sénégalaise de football (FSF) présente ce choix comme « stratégique » et « ambitieux ». Pourtant, je ne peux m’empêcher de poser une question simple, mais cruciale : pourquoi pas un entraîneur sénégalais ? Alors que le pays regorge de techniciens compétents, familiarisés avec notre football, nos joueurs et nos réalités, ce choix sonne comme un aveu de manque de confiance en nos propres ressources.

Le Sénégal n’est pas un pays sans expérience en matière d’entraîneurs locaux. Aliou Cissé, figure emblématique, a mené les Lions à la victoire en CAN 2021 et a qualifié l’équipe pour deux Coupes du monde consécutives (2018 et 2022). Pape Thiaw, son successeur, a remporté la CAN 2025 et le CHAN 2022, prouvant que les techniciens sénégalais savent non seulement rivaliser, mais aussi gagner au plus haut niveau. Pourtant, à peine quelques mois après son limogeage – dans des circonstances troubles, il est vrai –, la FSF se tourne vers un étranger.

Pire, ce choix intervient dans un climat interne tendu. La Fédération est en conflit financier avec Pape Thiaw, qui réclame des salaires impayés. Des tensions persistent au sein du Comité d’urgence, où certains reprochent au président de la FSF un manque de transparence. Dans ce contexte, nommer Vieira, sans expérience en sélection nationale et avec un palmarès en club modeste, semble moins un choix sportif qu’un symbole de méfiance envers nos compétences locales.

On vante le CV de Vieira : champion du monde 1998, champion d’Europe 2000, fondateur de l’institut Diambars, qui a formé des talents comme Idrissa Guèye ou Saliou Ciss. Mais connaître le football n’est pas la même chose que savoir diriger une sélection nationale. Vieira n’a jamais entraîné d’équipe nationale, et ses passages en club (Nice, Crystal Palace, Gênes) n’ont pas été couronnés de titres majeurs. Alors, pourquoi lui faire confiance pour un défi aussi exigeant que la CAN 2027 ou la Coupe du monde 2030 ?

À l’inverse, Pape Thiaw a prouvé qu’il savait gérer un vestiaire, prendre des décisions tactiques audacieuses (comme son 4-0 contre le Malawi en CAN 2025) et unir une équipe autour d’un projet collectif. Aliou Cissé, lui, a su construire une dynamique sur le long terme, avec une équipe qui a frôlé les sommets. Ces deux exemples montrent que le Sénégal n’a pas besoin de chercher ailleurs pour trouver l’expertise.

Le Sénégal n’est pas le seul pays à avoir réussi avec des entraîneurs locaux. L’Algérie a remporté la CAN 2019 avec Djamel Belmadi, un ancien international algérien. Le Maroc, finaliste de la CAN 2025, a souvent fait confiance à des techniciens nationaux comme Hassan Shehata ou Walid Regragui. Même l’Afrique du Sud, avec Jomo Sono, a montré que les entraîneurs locaux pouvaient performants. Alors, pourquoi le Sénégal, qui a déjà deux sélectionneurs sénégalais titrés en moins de cinq ans, revient-il à un étranger ? Est-ce une question de manque de confiance ? De pression médiatique ? Ou simplement d’un complexe d’infériorité face à l’Europe ?

Je ne nie pas les qualités de Patrick Vieira. Son parcours est impressionnant, et son amour pour le Sénégal, indéniable. Mais l’opportunité manquée est là : celle de montrer au monde que le Sénégal peut aussi former, promouvoir et réussir avec ses propres techniciens.

En nommant Vieira, la FSF envoie un message ambigu : nos entraîneurs locaux sont bons… mais pas assez pour les plus grands défis. Pourtant, l’histoire récente prouve le contraire. Aliou Cissé et Pape Thiaw l’ont démontré : le savoir-faire sénégalais existe, et il gagne.

Alors, la prochaine fois, avant de chercher un sauveur à l’étranger, osons croire en nous. Car le vrai pari ambitieux, ce n’est pas de nommer un ancien champion du monde, mais de faire confiance à ceux qui connaissent déjà nos forces, nos faiblesses, et notre passion. Le Sénégal le mérite.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 01/09/202
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