La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies prend une nouvelle dimension avec sa tournée diplomatique.
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Suite de l’article : Après plusieurs étapes, il se rend à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Cette rencontre revêt une importance particulière, la Russie étant l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et disposant donc d’un droit de veto.
Je dois l’avouer : cette candidature me préoccupe. Non pas parce que je refuse qu’un Africain puisse diriger l’ONU. Au contraire. L’Afrique mérite d’être représentée au plus haut niveau de la gouvernance mondiale. Ce qui m’inquiète, c’est de constater qu’une candidature africaine semble encore devoir obtenir, avant tout, l’approbation des grandes puissances.
Le processus de désignation du secrétaire général de l’ONU est particulier. Le candidat doit d’abord être recommandé par le Conseil de sécurité avant que l’Assemblée générale ne se prononce. Or, les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto qui peut bloquer une candidature.
Voilà pourquoi la rencontre entre Macky Sall et Vladimir Poutine est stratégique. Elle illustre une réalité diplomatique difficile à ignorer : pour accéder au sommet de l’ONU, il faut convaincre ceux qui disposent du pouvoir de décision.
Je comprends parfaitement les règles du jeu international. Une candidature de cette importance nécessite des consultations, des alliances et des négociations. Mais devons-nous pour autant accepter que l’avenir d’une candidature africaine dépende autant du bon vouloir de quelques puissances ?
C’est là que mon inquiétude commence.
La question ne concerne pas uniquement Macky Sall. Elle dépasse sa personne et touche directement à la place de l’Afrique dans le monde.
Le continent compte 54 États membres de l’ONU. Pourtant, lorsqu’il s’agit des grandes décisions internationales, son influence reste souvent limitée. L’Afrique est régulièrement appelée à soutenir des résolutions, à participer aux efforts de paix ou à subir les conséquences des crises mondiales, mais elle peine encore à peser à la hauteur de son importance démographique et géopolitique.
L’histoire montre pourtant que l’Afrique peut occuper les plus hautes fonctions internationales. Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, en est la preuve. Mais pourquoi chaque candidature africaine devrait-elle encore être perçue comme une exception ?
Si Macky Sall possède l’expérience et les compétences nécessaires, sa candidature doit être jugée sur son projet et ses capacités, et non sur son origine. Mais l’inverse est également vrai : son statut d’Africain ne doit pas devenir un obstacle invisible à son ambition.
C’est la question qui me dérange le plus.
Les grandes puissances accepteront-elles réellement qu’un Africain prenne les commandes de l’ONU ? La question peut paraître provocatrice, mais elle mérite d’être posée. Le système international reste largement dominé par des rapports de force hérités d’une autre époque.
L’Afrique doit donc tirer une leçon de cette candidature. Elle ne peut pas continuer à avancer en ordre dispersé. Si les pays africains veulent réellement peser dans les institutions internationales, ils doivent apprendre à défendre ensemble leurs intérêts.
Le soutien du Sénégal à la candidature de son ancien président est important. Mais il faudrait aller plus loin. L’Union africaine devrait être capable de porter une stratégie diplomatique commune et de défendre ses candidats avec une véritable force collective.
Je ne veux pas minimiser les qualités de Macky Sall ni son expérience internationale. Sa vision d’une ONU fondée sur le dialogue et la médiation mérite d’être examinée sérieusement.
Mais je reste préoccupé par une question essentielle : le système international est-il réellement prêt à confier cette responsabilité à un dirigeant africain sans que celui-ci ait à obtenir la bénédiction des grandes puissances ?
L’Afrique ne doit pas attendre éternellement qu’on lui ouvre la porte. Elle doit pouvoir y entrer par ses propres forces.
La candidature de Macky Sall est peut-être une opportunité. Mais elle est surtout un révélateur du déséquilibre qui persiste dans la gouvernance mondiale. L’Afrique mérite mieux qu’un rôle de spectatrice. Elle mérite une place pleine et entière à la table des décisions. Et cette place, elle ne doit pas être accordée comme une faveur. Elle doit être reconnue comme un droit.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/07/2026
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