50 milliards récupérés : L'ONRAC change la donne au Sénégal - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 08/08/2026 07:08:00

50 milliards récupérés : L'ONRAC change la donne au Sénégal

L’article de L’Observateur annonçant la saisie de plus de 5 000 biens et 50 milliards de FCFA par l’ONRAC en cinq ans m’a profondément inspiré.

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Suite de l’article : Je vois dans ces chiffres bien plus qu’un bilan comptable : une preuve tangible que le Sénégal s’engage résolument dans la lutte contre l’impunité financière. Et je suis convaincu que cette dynamique mérite d’être saluée, car elle incarne une justice restaurative au service du bien commun.

La corruption et le blanchiment de capitaux ne sont pas des fléaux abstraits. Au Sénégal, comme dans de nombreux pays, ils minent la confiance dans les institutions, détournent des ressources vitales pour les services publics, et creusent les inégalités. Selon Transparency International, le pays se classe 72ᵉ sur 180 dans l’Indice de Perception de la Corruption (2025), un rang honorable en Afrique de l’Ouest, mais qui laisse encore une marge de progression. C’est dans ce contexte que l’ONRAC, créé en 2021, s’est imposé comme un acteur clé, aligné sur les normes internationales du GAFI (Groupe d’Action Financière). Le fait que le Sénégal ait été retiré de la liste grise du GAFI en 2024 après avoir appliqué ses 49 recommandations témoigne de cette volonté politique.

Les 50 milliards de FCFA récupérés ne sont pas anodins. Ils représentent des comptes bancaires gelés, des immeubles saisis, des véhicules confisqués, et surtout, une gestions rigoureuse de ces avoirs. L’ONRAC ne se contente pas de saisir : il valorise ces biens via des ventes aux enchères (comme celles de 2025, qui ont rapporté 2,234 milliards de FCFA), évitant ainsi leur dépréciation. Dakar, avec 85 % des recettes, montre que les biens de haute valeur sont ciblés, tandis que Kédougou (55 % du volume) prouve que la lutte s’étend jusqu’aux zones minières, comme l’orpaillage clandestin.

Ce qui me frappe, c’est la double mission de l’Office : préserver la valeur des avoirs et indemniser les victimes quand la justice le permet. Comme l’a souligné Mor Ndiaye, son directeur général, l’objectif est de gérer ces biens « en bon père de famille ». Une approche qui allie efficacité économique et équité sociale.

Premièrement, l’exemplarité. Le Sénégal envoie un signal fort : « le crime ne paie pas », comme l’a rappelé Mamadou Diop, secrétaire général du ministère de la Justice. Les réformes annoncées digitalisation des procédures, renforcement des moyens humains, coordination accrue avec les juridictions montrent une volonté de modernisation pour rester à la hauteur des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués.

Deuxièmement, l’impact concret. Les 19 ventes publiques en 2025 prouvent que ces avoirs ne dorment pas dans des entrepôts, mais sont réinjectés dans l’économie légale. À l’instar de pays comme le Nigeria (où l’EFCC a récupéré 1,2 milliard de dollars en 2023) ou la Colombie (avec son système de restitution aux victimes), le Sénégal montre qu’il est possible de transformer l’illégal en levier de développement.

Enfin, la dimension humaine. Contrairement à des affaires comme celle des frères Saleh au Yémen (jugés à Paris pour blanchiment de fonds publics), où les biens mal acquis finissent souvent dans des paradis fiscaux, l’ONRAC veille à ce que ces ressources profitent aux Sénégalais. Que ce soit via l’indemnisation des victimes ou le financement de projets sociaux, l’argent du crime sert désormais l’intérêt général.

Le bilan de l’ONRAC est impressionnant, mais le vrai défi reste de pérenniser cette dynamique. Je suis convaincu que si le Sénégal continue sur cette voie en renforçant la transparence, en impliquant la société civile, et en s’inspirant des bonnes pratiques internationales, il peut devenir une référence africaine en matière de lutte contre la corruption.

Les 50 milliards de FCFA ne sont qu’un début. L’enjeu, maintenant, est de faire en sorte que chaque franc récupéré compte pour les citoyens. Et c’est là que réside, à mes yeux, la vraie victoire.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 08/08/202
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