Podor reproche à Amadou Ba son manque de considération - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 04/08/2026 09:08:00

Podor reproche à Amadou Ba son manque de considération

Je ne peux rester indifférent face au communiqué des jeunes cadres de Podor, publié le 10 juillet 2026, qui dénoncent avec amertume le mépris d’Amadou Ba envers leur département.

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Suite de l’article : Leur appel à Cheikh Oumar Anne pour suspendre ses activités au sein de la Nouvelle Responsabilité Jam Ji est un signal fort : un parti qui oublie ses militants risque de perdre bien plus qu’une élection. Je prends parti contre cette négligence, car elle révèle une faille structurelle dans la gestion des formations politiques au Sénégal.

Les tensions internes ne sont pas une nouveauté dans le paysage politique sénégalais. Du Parti socialiste (PS) au Parti démocratique sénégalais (PDS), en passant par l’Alliance pour la République (APR), les exemples de scissions et de frustrations accumulées se multiplient. Les militants, souvent relégués au rôle de figurants, finissent par se rebeller ou par quitter le navire. À Podor, la situation est d’autant plus paradoxale que ce département a été le seul remporté par Amadou Ba aux législatives de novembre 2024. Pourtant, depuis la création de son mouvement, le président de la Nouvelle Responsabilité Jam Ji n’y a mis les pieds qu’à deux reprises, lors des campagnes de 2024. Un camouflet pour des militants qui ont cru en lui.

Les jeunes cadres de Podor ne se contentent pas de protester : ils exigent des actes. Leur communiqué souligne que, malgré l’organisation d’un grand rassemblement en mars 2026 pour le lancement des cartes de membre mobilisant les 22 communes du département, Amadou Ba a ignoré leurs appels à des tournées nationales. Pire, il a multiplié les activités ailleurs, comme si Podor n’existait pas. Leur demande de suspension des activités de Cheikh Oumar Anne est un ultimatum : sans reconnaissance, il n’y a pas de loyauté durable. Le message est clair : un bastion électoral ne se maintient pas par la seule force des urnes, mais par l’écoute et le respect des militants qui le portent.

Je ne peux que souscrire à leur indignation. Premièrement, l’histoire politique sénégalaise regorge d’exemples où l’oubli des bases a conduit à l’effritement des partis. Le PAI, dans les années 1960, a connu des scissions parce que les jeunes militants ne se reconnaissaient plus dans une direction éloignée de leurs réalités. Le PS, aujourd’hui, est secoué par des dissidences internes comme le manifeste Dundal PS, qui dénonce un manque de transparence et une gouvernance défaillante. Deuxièmement, Podor a prouvé son poids électoral : ignorer un tel engagement revient à saper les fondations mêmes du mouvement. Enfin, comment espérer consolider une implantation nationale si l’on néglige ceux qui, sur le terrain, mobilisent et convainquent ?

La prolifération des partis politiques au Sénégal, plus de 228 aujourd’hui, est aussi le symptôme d’une crise plus profonde : les militants, frustrés, préfèrent créer leur propre structure plutôt que de subir l’indifférence. Au PDS, Abdoulaye Wade a provoqué une hémorragie en imposant son fils Karim à la tête du parti, au mépris des historiques. Résultat ? Des départs en masse et une perte d’influence.

Cette crise rappelle celle du PS, où des cadres dénoncent un processus de relance opaque, ou encore celle de l’APR, où des dissensions internes ont ébranlé la cohésion. À Podor comme ailleurs, le problème est le même : des dirigeants qui confondent leadership et autoritarisme. En Afrique, des partis comme le RND au Sénégal ou le FPI en Côte d’Ivoire ont connu des sorts similaires. La leçon est simple : un parti qui ne cultive pas ses racines est condamné à se dessécher.

Je le dis sans détour : Amadou Ba a tort de sous-estimer Podor. Les jeunes cadres de ce département ont raison de sonner l’alarme. Leur révolte n’est pas un caprice, mais le symptôme d’un dysfonctionnement plus large. Un mouvement politique ne se construit pas uniquement sur des victoires électorales, mais sur la confiance et le respect de ses militants. Si la Nouvelle Responsabilité Jam Ji veut éviter le sort de tant d’autres partis avant elle, elle doit écouter Podor. Car un bastion sans reconnaissance n’est qu’un château de cartes.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 04/08/202
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