L’annonce a de quoi surprendre : Ndeye Khady Ndiaye, figure centrale de l’affaire Sweet Beauté, a demandé pardon à Adji Sarr lors d’un direct sur TikTok, après des années de déni et de défense acharnée d’Ousmane Sonko.
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Suite de l’article : Ce revirement, aussi soudain qu’inattendu, relance les spéculations. Mais au-delà du spectacle médiatique, je m’interroge : peut-on sérieusement reprocher à Diomaye Faye ou à Abdourahmane Diouf les conséquences d’une affaire privée dans laquelle ils n’étaient ni acteurs ni témoins ? Non. Et je le dis avec fermeté : il est temps de cesser cette dérive qui consiste à étendre la responsabilité à des personnalités politiques pour des faits qui les dépassent.
L’affaire Sweet Beauté, c’est d’abord l’histoire d’un salon de massage, d’une jeune femme, Adji Sarr, et d’accusations graves portées contre Ousmane Sonko : viol et menaces de mort. Pendant des années, Ndeye Khady Ndiaye, la gérante, a nié en bloc, défendant bec et ongles le leader de Pastef.
Aujourd’hui, elle change de ton, évoque sa conscience, et promet de « dire toute la vérité ». Un geste qui, sans doute, vise à apaiser les tensions. Mais attention : ce revirement ne doit pas servir de prétexte pour impliquer des tiers qui n’y ont pris aucune part.
Au Sénégal, les affaires judiciaires à connotations politiques ont souvent été instrumentalisée. L’exemple de Sweet Beauté en est une illustration criante. Les tribunaux ont déjà statué : Ousmane Sonko a été condamné pour corruption de la jeunesse, et Ndeye Khady Ndiaye pour incitation à la débauche. Les faits sont là, les responsabilités individuelles aussi. Alors pourquoi, dès qu’une nouvelle déclaration tombe, cherche-t-on à élargir le cercle des coupables ?
Je le dis sans détour : la justice doit rester aveugle, mais surtout précise. Ndeye Khady Ndiaye a joué un rôle clé dans cette affaire. Ses déclarations, passées et futures, sont importantes. Mais elles ne justifient en rien que l’on pointe du doigt Diomaye Faye ou Abdourahmane Diouf, dont les noms reviennent trop souvent dans les débats, comme si leur simple proximité avec Ousmane Sonko suffisait à les rendre complices.
Diomaye Faye, aujourd’hui président, a d’ailleurs lui-même appelé à la vérité dans cette affaire. Mais son rôle se limite à cela : un appel à la transparence. Rien de plus. Quant à Abdourahmane Diouf, son nom a été évoqué comme avocat, mais sans preuve d’une implication directe dans les faits reprochés. La responsabilité pénale est personnelle. C’est un principe fondamental du droit. On ne condamne pas par association, par sympathie politique, ou par opportunisme médiatique.
Premièrement, la présomption d’innocence n’est pas un détail, c’est un pilier. Si demain, chaque personnalité politique peut être traînée dans la boue pour des affaires où elle n’a aucun lien direct, où s’arrêterons-nous ? Au Sénégal, comme ailleurs, la tentation est grande d’utiliser les scandales pour régler des comptes politiques. Mais c’est une pente glissante.
Deuxièmement, les faits sont clairs : Ndeye Khady Ndiaye a annoncé vouloir révéler la vérité. Très bien. Attendons ses déclarations. Mais en attendant, il est malhonnête de spéculer sur des responsabilités qui n’ont pas été établies. La justice a déjà tranché sur les acteurs directs. Le reste relève de la rumeur.
Enfin, comparons avec d’autres contextes. Aux États-Unis, lors de l’affaire Harvey Weinstein, des centaines de personnalités ont été entraînées dans la tourmente… mais seules celles directement impliquées ont été condamnées. En France, l’affaire DSK a montré que même un homme politique de premier plan peut être jugé pour des faits strictement personnels, sans que son parti ou ses alliés ne soient tenus pour responsables. La leçon ? La responsabilité est individuelle, ou elle n’est pas.
L’affaire Sweet Beauté est un feuilleton judiciaire et médiatique qui a marqué le Sénégal. Les déclarations de Ndeye Khady Ndiaye méritent d’être écoutées, analysées, et peut-être jugées. Mais de là à en faire un procès politique contre Diomaye Faye ou Abdourahmane Diouf, il y a un pas que je refuse de franchir.
La vérité, oui. La justice, absolument. Mais la chasse aux sorcières, non. Les Sénégalais méritent mieux que des débats biaisés où l’on confond responsabilité individuelle et culpabilité par association. Attendons les révélations promises. En attendant, cessons de jouer aux pyromanes avec des vies et des réputations. La dignité de la justice en dépend.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 03/09/2026
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