L’Agence nationale de gestion des routes (Ageroute) et l’entreprise chargée des travaux ont annulé récemment la construction d’un tunnel sécurisé prévu sur le tracé de l’autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis.
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Suite de l’article : La décision concerne les villages de Pakhamkouye 1, Sambaye Karang, Khay Diakhal et Palou dans la commune de Mont-Rolland, département de Tivaouane. Le motif officiel évoque des contraintes économiques du chantier.
Les habitants de ces 18 villages traditionnels dénoncent la décision et redoutent l’isolement et l’exposition aux accidents. Ils expliquent que la suppression du tunnel transforme un raccourci d’environ 1 km en une déviation d’environ 6 km le long de la nouvelle autoroute, avec une passerelle proposée au niveau de la route de Notto Gouye Diama, option que la population refuse.
La zone touchée est composée de champs, de ravins et de dépressions séparant parfois des quartiers d’un même village; elle ne dispose pas d’infrastructures socioéconomiques de base. Les familles s’approvisionnent à la seule borne-fontaine locale et les fortes pluies peuvent couper les liaisons pendant 24 heures, rendant impossibles les évacuations médicales et les déplacements indispensables.
L’analyse du dossier montre que le corridor supprimé servait quotidiennement d’axe de survie: élèves, commerçants, agriculteurs et éleveurs l’empruntaient pour rejoindre le centre-ville, les marchés et les structures de santé. En reprenant des terrains pour le campement du chantier et des emprises routières, le projet a déjà amputé plusieurs hectares à la communauté; l’abandon du passage sécurisé accroît la perte d’usage de l’espace public. La population rappelle que la décision initiale d’édifier le tunnel visait à réduire les risques d’accident pour les personnes et le bétail.
Les conséquences chiffrées communiquées par les riverains sont nettes: le trajet direct de 2 km aller-retour deviendrait, selon eux, un périple de 12 km aller-retour pour certains villages si le tunnel n’est pas réalisé. «Si ce tunnel sécurisé n’est pas réalisé, élèves, agriculteurs, éleveurs, personnes handicapées, femmes enceintes et autres malades seraient obligés de parcourir entre 6 et 10 km», avertit Pape Faye, fils de l’imam de Sambaye Karang. Mame Astou Mbaye ajoute: «Les maisons n’ont pas de robinets et les familles s’approvisionnent en eau au niveau de la seule borne-fontaine de la zone.»
Pour les femmes, la charge est double: elles assurent souvent les achats, l’accompagnement des enfants à l’école et la prise en charge des personnes âgées; allonger les distances augmente leur dépense de temps et leur exposition aux dangers routiers. Les personnes âgées et les personnes en situation de handicap perdent l’accès à une voie de faible déclivité qui leur permettait des déplacements à pied ou en petit véhicule; la déviation proposée longe une infrastructure rapide et peut s’avérer impraticable pour elles, surtout en période de pluie. La mise en place d’une passerelle éloignée ne compense pas la perte de temps, la fatigue accrue et les coûts supplémentaires liés au transport.
La comparaison entre le trajet direct et la déviation illustre une rupture d’équité territoriale: un chemin de proximité devient un détour long et potentiellement dangereux, ce qui transforme des déplacements quotidiens en parcours pénibles et coûteux. En comparaison avec d’autres solutions d’infrastructures locales, un tunnel ou un passage sécurisé à faible coût social aurait préservé l’accessibilité des services de base et réduit l’exposition aux accidents.
Des éléments complémentaires renforcent l’argumentation: la commune ne dispose pas de services d’urgence proches, la population a déjà cédé des terres au chantier et la topographie rend les accès alternatifs difficiles. Les usages agricoles et pastoraux, qui exigent des allers-retours fréquents, risquent d’être gravement perturbés.
La décision d’annuler la traversée sécurisée transforme une nécessité quotidienne en un obstacle structurel pour les habitants les plus vulnérables. Les femmes, les personnes âgées et les personnes handicapées apparaissent comme les premiers touchés par l’allongement des trajets, l’augmentation des coûts de déplacement et l’élévation du risque physique à chaque sortie. L’enjeu dépasse une dispute technique: il s’agit d’une question d’accès égalitaire aux services essentiels et de sécurité pour des populations déjà fragiles.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Astou S.
Mis en ligne : 20/08/2026
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