Serigne Mountakha et Sonko : Le message est passé, place désormais aux actes - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 13/08/2026 09:08:00

Serigne Mountakha et Sonko : Le message est passé, place désormais aux actes

L’article rapportant la rencontre entre Ousmane Sonko et Serigne Mountakha Mbacké à Touba a de quoi laisser perplexe. Le président de l’Assemblée nationale s’est rendu dans la cité sainte, accompagné d’une délégation, pour y recevoir les bénédictions du khalife général des mourides.

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Suite de l’article : Les échanges, empreints de courtoisie et de prières, ont souligné l’engagement des deux hommes en faveur de la paix et de l’unité nationale. Pourtant, je ne peux m’empêcher de douter : ces belles déclarations suffiront-elles à traduire une volonté réelle d’agir ?

Le Magal de Touba est bien plus qu’un simple rassemblement religieux : c’est un symbole de cohésion sociale et spirituelle pour des millions de Sénégalais. Dans ce contexte, la visite d’Ousmane Sonko, figure politique majeure, revêt une dimension particulière. Le khalife, en tant que guide spirituel, a rappelé son attachement exclusif au service de Khadimou Rassoul, tout en formulant des vœux de paix pour le pays. Mais au-delà des formules de politesse, quelles actions concrètes découlent de ces rencontres ?

L’article décrit une scène idyllique : des prières, des souhaits de bienveillance, et une réaffirmation de l’importance de la paix. Pourtant, les mots, aussi beaux soient-ils, ne nourrissent pas les populations. Le khalife a livré son message avec clarté, mais la vraie question est : Ousmane Sonko, en tant que responsable politique, compte-t-il s’appuyer sur ces recommandations pour agir, ou se contentera-t-il de les brandir comme un alibi moral ?

La tradition veut que les autorités politiques se rendent à Touba pour marquer leur respect envers les guides religieux. Mais le respect ne se mesure pas en visites protocolaires, mais en actes. Le Sénégal traverse des défis économiques, sociaux et politiques majeurs. Les discours sur la paix et l’unité nationale sonnent creux quand, dans le même temps, les inégalités se creusent, la jeunesse désespère, et les tensions politiques persistent.

Le khalife a rappelé son engagement pour la paix et l’unité. Mais combien de fois avons-nous entendu des promesses similaires, suivies d’aucune action concrète ? Les rencontres entre hommes politiques et guides religieux sont souvent des opérations de communication, où l’on affiche une image de piété et de responsabilité, sans pour autant s’engager à changer les choses.

Ousmane Sonko a promis d’œuvrer pour la paix. Mais qu’en est-il de ses actes passés ? Son parcours politique a souvent été marqué par des tensions, des affrontements avec le pouvoir, et une rhétorique qui, si elle a séduit une partie de la jeunesse, a aussi divisé. La paix ne se limite pas à des déclarations : elle exige des gestes forts, comme la réconciliation nationale, la lutte contre la corruption, et des politiques inclusives.

Le Magal de Touba est une occasion unique de passer des paroles aux actes. Le khalife a joué son rôle en rappelant les valeurs de paix et de solidarité. Mais Ousmane Sonko, en tant que leader politique, doit maintenant prouver qu’il est à la hauteur de ces attentes. Sinon, cette rencontre ne sera qu’une de plus dans la longue liste des opportunités gâchées.

Cette situation rappelle d’autres contextes où des dirigeants ont utilisé des symboles religieux ou traditionnels pour légitimer leur pouvoir, sans pour autant traduire ces symboles en politiques tangibles. Au Maroc, par exemple, le roi Mohammed VI est aussi le « Commandeur des Croyants », mais les inégalités sociales et économiques persistent malgré les discours. Au Nigeria, les dirigeants se rendent régulièrement chez les leaders religieux pour marquer leur piété, mais la corruption et l’instabilité politique restent endémiques.

Je ne remets pas en cause la sincérité des échanges entre Ousmane Sonko et Serigne Mountakha Mbacké. Mais je refuse de croire que des prières et des souhaits suffisent à résoudre les crises qui rongent notre pays. Le khalife a livré son message avec clarté et responsabilité. Maintenant, c’est à Ousmane Sonko de prouver qu’il est capable de transformer ces paroles en actes. Les prochains jours nous diront si cette rencontre était une simple formalité… ou le début d’un véritable engagement pour le Sénégal.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 13/08/202
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