Je lis avec un mélange de stupeur et d’amertume la déclaration de démission de Mor Talla Gueye, alias Nitt Doff, de la présidence du Conseil d’administration du FDCUIC. Il y justifie son départ par un désaccord avec la direction actuelle du pays, évoquant le retour du « système » et les « reniements » qui, selon lui, trahissent les idéaux de souveraineté et de changement portés par PASTEF.
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Suite de l’article : Si je ne nie pas la légitimité de ses convictions, je ne peux m’empêcher de souligner l’ironie de la situation : un homme qui quitte un poste en brandissant ses principes, mais dont le mandat aura surtout été marqué par l’absence de résultats tangibles.
Le FDCUIC, rappelons-le, est un instrument public dédié à la promotion et au financement des cultures urbaines et des industries créatives au Sénégal. Sa mission est cruciale : soutenir les artistes, les porteurs de projets et les entrepreneurs créatifs, notamment dans les zones reculées, pour favoriser l’équité territoriale et l’émergence d’un écosystème culturel structuré.
Or, en deux ans, le Fonds a financé 200 projets pour un montant de 540 millions de francs CFA un bilan que son propre directeur général, Seck Dieng, a qualifié de prometteur, soulignant que l’institution « a véritablement compris et bien porté le rôle qui est le sien ». Pourtant, sous la présidence de Nitt Doff, aucune réalisation majeure, aucune avancée concrète n’a été associée à son nom. Pire, les critiques fusent : son mandat aura surtout été visible par ses prises de position politiques, bien plus que par des actions en faveur des artistes ou des industries créatives.
Je ne conteste pas son droit de démissionner. Mais je m’interroge : où sont les preuves de son engagement pour le FDCUIC ? Où sont les projets phares, les initiatives structurantes, les partenariats stratégiques qu’il aurait impulsés ? Rien. Ou si peu. À la place, on retient surtout ses déclarations tonitruantes, ses postures de résistance, et cette démission spectaculaire, présentée comme un acte de fidélité à ses principes. Mais la fidélité à des principes ne se mesure-t-elle pas aussi et surtout à l’aune des actes ?
Comparons avec d’autres contextes. Dans bien des pays, des responsables publics démissionnent lorsque leurs valeurs sont bafouées. Mais avant de partir, ils laissent une trace : une réforme, un programme, une vision concrétisée. Ici, Nitt Doff semble avoir préféré le symbole à la substance. Son départ sonne comme une fuite en avant, une manière de masquer l’absence de bilan par un discours moralisateur. Et cela, je le trouve d’autant plus regrettable que le FDCUIC a un rôle essentiel à jouer pour les jeunes créateurs sénégalais, souvent laissés pour compte.
Alors oui, je comprends sa déception face à ce qu’il perçoit comme un retour du « système ». Mais je lui demande : et vous, que avez-vous fait pour le combattre ? La véritable question n’est pas seulement celle de sa démission, mais aussi et surtout celle de son héritage. Une fonction publique, surtout à la tête d’une institution aussi stratégique, se juge à ses réalisations, pas à ses déclarations. Et sur ce plan, le bilan de Nitt Doff est, pour le moins, décidément léger.
Je ne doute pas de sa sincérité. Mais je regrette qu’il ait choisi de quitter le navire sans avoir d’abord prouvé qu’il savait le piloter. La fidélité aux principes, c’est aussi assumer ses responsabilités jusqu’au bout. Or, ici, on a l’impression d’un engagement à géométrie variable : présent pour les discours, absent pour les actes. Et cela, je ne peux pas l’accepter.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 11/08/2026
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