Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a déposé au Sénégal une proposition de résolution pour ouvrir une commission d’enquête sur la gestion du programme « Un étudiant, un ordinateur », lancé en 2014 et évalué à près de 48,5 milliards FCFA.
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Suite de l’article : Les députés allèguent des opérations hors commande publique, des comptes bancaires occultes et des flux financiers suspects sur la période post-2017 jusqu’en 2023. Parmi les faits cités figurent un fonds de garantie d’environ 2 milliards FCFA logé à Ecobank, la découverte de 13 comptes liés au projet alors que trois étaient officiellement répertoriés, et un virement de plus de 1,4 milliard FCFA vers une société privée non contractante en 2023.
Ces éléments servent d’assise à une plainte politique qui vise l’audition de ministres, de directeurs administratifs, de banques et de prestataires impliqués dans le dispositif.
Le contexte administratif place la Direction centrale des marchés publics au centre des critiques, les députés dénonçant l’absence de contrôle effectif de cette autorité sur les marchés liés au programme depuis 2017. Les irrégularités alléguées concernent la passation des marchés, le suivi des fonds et la traçabilité des paiements, autant de fonctions qui relèvent normalement de l’encadrement public.
L’analyse des données publiées par les parlementaires met en évidence plusieurs mécanismes récurrents. D’abord, la coexistence de treize comptes bancaires pour une opération officiellement gérée via trois comptes crée une opacité qui complique la vérification des flux. Ensuite, l’existence d’un fonds de garantie d’environ 2 milliards FCFA à Ecobank, dont la destination et les modalités de constitution restent floues selon les députés, soulève des questions sur la tenue des garanties financières. Enfin, le virement de plus de 1,4 milliard FCFA en 2023 à une entreprise sans contrat apparent suggère des transferts hors des cadres formels de la commande publique.
Les arguments avancés par le groupe parlementaire reposent sur des chiffres et sur des anomalies documentées. Le montant total de 48,5 milliards FCFA permet d’apprécier l’enjeu financier et la vulnérabilité d’un programme à large échelle. La multiplication des comptes bancaires oppose la pratique observée à la procédure attendue: un dispositif public devrait limiter les supports de paiement pour garantir la traçabilité. Le transfert vers une société non contractante constitue un exemple de flux atypique qui justifie des vérifications bancaires et comptables ciblées.
En développant l’angle selon lequel cette enquête révèle des risques de corruption généralisée, le dossier met en lumière la fragilité des contrôles internes et externes. Les députés demandent que la commission, si elle est validée, puisse consulter relevés bancaires, contrats, bons de commande et justificatifs de dépenses afin d’identifier les responsables et d’établir les chaînes de décision. La focalisation affichée sur la période post-2017 crée une comparaison implicite entre la phase initiale du programme (2014-2016) et la phase suivante, ce qui ajoute une zone d’ombre sur les premières années de mise en œuvre.
Des éléments complémentaires renforcent l’inquiétude: la répétition des irrégularités depuis plusieurs années et l’implication de prestataires privés qui, d’après les documents parlementaires, auraient perçu des sommes sans marchés publics clairement établis. La présence d’une banque internationale comme Ecobank dans le dispositif appelle à des vérifications transversales entre acteurs financiers et autorités publiques.
Le bilan factuel qui se dégage reste lourd de conséquences politiques et administratives: montants élevés, comptes inconciliés, virements vers des acteurs non contractuels et contrôle public déficient. Ces faits, tels qu’ils sont présentés par les députés, suffisent à expliquer la demande d’une enquête approfondie et ciblée, en vue d’éclaircir l’origine des flux et la chaîne de responsabilité dans la gestion du programme.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aissata M.
Mis en ligne : 24/08/2026
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