Le 5 septembre 2021, des militaires et des éléments des forces spéciales ont renversé le président Alpha Condé en Guinée.
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Suite de l’article : À la tête du putsch, le colonel Mamadi Doumbouya s’est engagé à rendre le pouvoir aux civils et à restaurer la justice. Élu président en décembre dernier avec plus de 86 % des voix lors d’un scrutin qui s’est tenu sans les principaux partis d’opposition, il dirige le pays depuis cinq ans.
Cinq ans après le coup d’État, le tableau mêle promesses non tenues et résultats économiques contrastés. Le régime met en avant des engagements massifs dans le secteur minier qui ont attiré des investissements étrangers, mais la société civile dénonce une restriction des libertés et une montée des arrestations et des disparitions.
La découverte d’une fosse commune dans la région de Forécariah et la disparition d’environ trente personnes ont intensifié les critiques contre l’exécutif. Les manifestations restent interdites, les enquêtes publiques progressent peu, et les familles attendent des réponses concrètes.
Depuis la prise du pouvoir, les autorités ont multiplié des opérations judiciaires et des détentions. Des militants et des opposants ont fait l’objet d’arrestations répétées, et des organisations de défense des droits humains signalent près de trente disparitions forcées. Dix jours après la mise au jour de la fosse commune de Forécariah, aucune avancée judiciaire majeure n’avait été communiquée officiellement, selon les informations disponibles. Le cas du juge Algassimou Diallo, suspendu, radié et placé en détention sous l’accusation de provocation à la discrimination et à la haine, est un autre dossier sensible qui illustre la polarisation du système judiciaire.
Les critiques du Front national pour la défense de la Constitution et d’autres acteurs de la société civile sont vives. Mohamed Lamine Souaré, coordinateur du FNDC en France, a déclaré : « Il avait promis de rendre le pouvoir aux civils… cet engagement n’a pas été respecté. » Ces propos reflètent une défiance persistante vis‑à‑vis de la légitimité du pouvoir en place.
Sur le plan économique, la Guinée figure parmi les destinations majeures des investissements directs étrangers en Afrique subsaharienne, surtout dans le minerai de bauxite et les infrastructures associées. Ces flux financiers contrastent avec l’érosion des espaces civiques et le climat de peur signalé par des ONG. La juxtaposition entre une attractivité économique renforcée et une répression croissante illustre une gouvernance où les gains macroéconomiques ne suffisent pas à compenser les atteintes aux droits.
L’élection présidentielle de décembre, organisée sans la participation des principaux partis d’opposition, a consolidé le pouvoir de Mamadi Doumbouya mais n’a pas apaisé les doutes sur la représentativité du régime. La limitation de la liberté d’expression et de circulation, les signalements de disparitions et l’absence de progrès visibles dans les enquêtes sur les exactions récentes alimentent des accusations d’autoritarisme. À l’échelle internationale, ces éléments réduisent la crédibilité politique du gouvernement auprès de certains partenaires.
Les éléments factuels rassemblés après cinq ans de pouvoir indiquent une trajectoire où la promesse de transition vers des autorités civiles n’a pas été réalisée, tandis que les instruments de l’État servent à maintenir l’ordre sans transparence. Le bilan judiciaire, la gestion des affaires de sécurité et la répression des opposants posent des questions de légitimité durable pour un exécutif qui se présente comme garant de la stabilité et du progrès économique.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Kalidou D.
Mis en ligne : 19/09/2026
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