Crise énergétique en Gambie : Le vernis se fissure autour de Barrow - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 16/09/2026 05:09:00

Crise énergétique en Gambie : Le vernis se fissure autour de Barrow

Le portrait flatteur qui entoure Adama Barrow dans certains récits publics ressemble trop souvent à un maquillage appliqué sur une panne majeure.

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Suite de l’article : Lamentable choix de focale : il met en lumière la posture présidentielle et minimise les responsabilités concrètes du pouvoir face à des familles privées d’électricité pendant des journées et des nuits entières. La position critique ici est simple et ferme : ce vernis complaisant dissimule une gestion défaillante et absorbe l’indignation légitime des citoyens.

La Gambie subit des délestages qui durent jusqu’à quarante-huit heures, au cœur d’une saison chaude où les ménages luttent pour conserver des denrées alimentaires et pour assurer le sommeil des enfants. Le gouvernement a annoncé l’arrivée prochaine d’une nouvelle unité de production et la construction d’une centrale solaire, promesses qui sonnent comme des pansements administratifs sur une fracture ouverte. Dans les rues de Banjul, la colère s’exprime par des manifestations et par des incendies, signe que la confiance se délite. Le récit officiel, centré sur l’effort et la bonne volonté, évite de regarder la série d’erreurs techniques et contractuelles qui ont conduit à cette crise.

L’analyse impose de distinguer rhétorique et responsabilité opérationnelle. Quand le chef de l’État affirme « Je ne vous promets pas ce que le gouvernement ne peut pas tenir », cette formule cherche à rassurer, mais elle masque l’absence d’anticipation et l’inefficacité des accompagnements institutionnels. Les causes évoquées par les autorités, comme l’augmentation de la demande et les contraintes d’importation, peuvent tenir debout, mais elles ne constituent pas une excuse pour l’absence de plans de secours robustes. La gestion d’un réseau électrique ne se limite pas à des promesses ; elle exige des contrats fiables, des maintenances prévues et une gouvernance claire.

Les arguments contre le portrait flatteur s’empilent avec évidence. D’abord, l’option de communication remplace trop souvent l’action : des inaugurations et des déclarations s’enchaînent pendant que les quartiers restent sans courant. Ensuite, la transition vers les énergies renouvelables, annoncée comme salvatrice, souffre d’un calendrier flou et d’un montage financier peu transparent. Enfin, la tenue d’élections dans ce climat de mécontentement expose le risque qu’une opération d’image devienne un instrument de légitimation politique plutôt qu’un engagement réel au service des populations.

Le choix de présenter le président sous un jour complaisant occulte une réalité plus lourde : l’incompétence administrative et la faiblesse des institutions qui devaient prévenir ce chaos. Le portrait flatteur fonctionne comme une brochure touristique sur un pays qui brûle par moments de chaleur et d’exaspération. On pourrait comparer cette mise en scène à un costume impeccable posé sur une chaise vide et aussi à un pansement collé sur une jambe cassée ; l’apparence n’absorbe pas la douleur.

Pour renforcer cette critique, il faut regarder les chiffres et les démarches concrètes : la capacité promise de 24 mégawatts et le projet solaire de 50 mégawatts restent des promesses sans calendrier contraignant ni garanties publiques claires sur les délais et les financements. Tandis que les ménages supportent des pertes alimentaires et des nuits sans ventilateur, la narration officielle continue d’accentuer la verticalité du pouvoir et d’éluder les responsabilités partagées du ministère, des opérateurs et des partenaires.

La conclusion qu’impose ce constat est sévère : la mise en scène d’un dirigeant serviable et déterminé ne doit pas masquer des carences administratives qui coûtent cher aux citoyens. La population réclame du courant et de la prévisibilité, pas des effets de parole. Tant que la communication primera sur la capacité à livrer des services fiables, le portrait flatteur restera une couche de peinture sur une réalité qui demande des réparations profondes.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/09/2026

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