Le redressement économique, une promesse à l'épreuve des actes - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 20/09/2026 12:09:30

Le redressement économique, une promesse à l'épreuve des actes

Le 15 septembre 2026, à Washington, le président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé, devant Kristalina Georgieva, directrice du Fonds monétaire international (FMI), sa volonté de mener un redressement économique du Sénégal sans sacrifier les populations vulnérables. Une déclaration qui sonne comme une promesse, mais qui, pour l’instant, reste suspendue à une question simple : les actes suivront-ils les mots ?

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Suite de l’article : Je ne peux m’empêcher de douter. Non pas par scepticisme gratuit, mais parce que l’histoire nous a trop souvent montré que les belles intentions, aussi sincères soient-elles, se heurtent à la réalité d’un quotidien qui, lui, ne change pas assez vite.

Le Sénégal traverse une période charnière. Après des années de tensions économiques, le gouvernement s’est engagé dans un programme ambitieux : assainir les finances publiques, relancer la croissance, et protéger les plus fragiles. Un triptyque complexe, où chaque volet dépend des autres. Le FMI, partenaire incontournable, a validé un accord technique pour accompagner ces réformes. Mais les Sénégalais, eux, attendent autre chose que des signatures sur des documents : ils veulent voir la différence dans leur assiette, dans leur portefeuille, et dans l’avenir de leurs enfants.

Le président Faye a beau marteler que « le redressement ne se fera pas au détriment des populations », la question reste entière : comment concilier rigueur budgétaire et justice sociale ? Comment éviter que les mesures d’austérité, souvent nécessaires, ne pèsent une fois de plus sur ceux qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts ?

L’article met en avant plusieurs engagements : renforcement des mécanismes de protection sociale, paiement des arriérés aux entreprises privées, création d’emplois pour les jeunes, et amélioration du pouvoir d’achat. Des objectifs louables, sans aucun doute. Mais entre la théorie et la pratique, il y a un fossé que les Sénégalais connaissent bien.

Prenons l’exemple des bourses de sécurité familiale et des dispositifs de couverture sociale. Ces mesures existent déjà, mais leur impact reste limité. Les familles les plus pauvres continuent de subir de plein fouet la hausse des prix, la précarité de l’emploi, et l’accès difficile aux soins. Protéger les vulnérables, c’est bien. Leur offrir une vie décente, c’est mieux.

Quant aux entreprises privées, le paiement des arriérés est une urgence. Beaucoup d’entre elles étouffent sous le poids des dettes de l’État, et leur survie dépend de ces liquidités. Mais là encore, les annonces ne suffisent pas. Combien de temps faudra-t-il attendre avant que ces sommes ne soient effectivement versées ?

Le président Faye a déclaré : « Je ne m’arrêterai que lorsque chaque Sénégalais aura ressenti une amélioration réelle et tangible. » C’est une belle phrase, porteuse d’espoir. Mais les Sénégalais ont entendu ce genre de promesses auparavant. La crédibilité se mesure aux actes, pas aux intentions.

En 2024, par exemple, le gouvernement précédent avait promis une baisse de la pression fiscale pour les ménages. Résultat ? Les prix des produits de première nécessité ont continué d’augmenter, et le pouvoir d’achat s’est encore érodé. Alors, pardon si je reste prudent.

Le Sénégal a mis en place des dispositifs de protection sociale, comme les bourses de sécurité familiale. Mais ces aides restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Selon la Banque mondiale, plus de 40 % de la population sénégalaise vit encore sous le seuil de pauvreté. Comment, dans ces conditions, parler de redressement économique sans une refonte profonde des mécanismes de solidarité ?

Le chômage des jeunes est un fléau au Sénégal. Près de 20 % des 15-24 ans sont sans emploi, selon l’ANSD. Le président évoque la création d’emplois, mais quelles mesures concrètes seront mises en place pour absorber cette main-d’œuvre ? Les programmes de formation professionnelle existent, mais ils peinent à suivre le rythme des besoins.

Regardons du côté du Rwanda ou du Ghana. Ces pays ont réussi à allier croissance économique et réduction de la pauvreté grâce à des politiques ciblées : investissements massifs dans l’éducation, soutien aux PME, et transparence dans la gestion des fonds publics. Au Sénégal, en revanche, les réformes semblent souvent trop lentes, trop timides, ou trop mal coordonnées.

Au Maroc, par exemple, le gouvernement a mis en place un fonds de solidarité pour soutenir les ménages les plus touchés par la crise. Pourquoi le Sénégal ne s’inspire-t-il pas davantage de ces modèles ?

Je ne remets pas en cause la bonne foi du président Faye. Mais la confiance se gagne sur le terrain, pas dans les salles de réunion du FMI. Les Sénégalais ont besoin de voir des changements concrets : une baisse des prix, des emplois pour leurs enfants, et un filet social qui les protège vraiment.

Le redressement économique est nécessaire, c’est indéniable. Mais il ne doit pas devenir une nouvelle épreuve pour ceux qui en ont déjà assez. Dire que les populations vulnérables seront protégées, c’est une chose. Le démontrer dans leur quotidien en est une autre.

Alors, Monsieur le Président, à vous de jouer. Les Sénégalais attendent. Et cette fois, ils ne se contenteront pas de promesses.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 20/09/2026

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