Dix millions de médicaments saisis : Un scandale qui dépasse la police - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 20/09/2026 07:09:00

Dix millions de médicaments saisis : Un scandale qui dépasse la police

Le 7 septembre 2026, le commissariat spécial du Tourisme a mené une intervention dans un appartement meublé de Mermoz Sotrac à Dakar: sept personnes ont été interpellées et des saisies ont été effectuées, dont des comprimés présentés comme de l’Alpraz, deux sachets de MDMA, quatre petites bouteilles de protoxyde d’azote et six sachets de haschisch.

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Suite de l’article : Les auditions ont orienté les enquêteurs vers un fournisseur présumé à Keur Serigne Bi et vers d’autres domiciles perquisitionnés les 9 septembre à Scat-Urbam et à Liberté 6.

La suite de l’enquête a mis en lumière un stock pharmaceutique important saisi au domicile du fournisseur présumé: 342 boîtes de Misodia, 19 boîtes d’alprazolam, 32 bouteilles de sirop, 30 boîtes de diazépam, 20 boîtes de Tramadol, ainsi que des caisses de lubrifiant et d’autres comprimés. Le suspect aurait estimé la valeur de la marchandise à « une dizaine de millions de FCFA » et l’un des participants a déclaré avoir livré « une boîte d’Alpraz pour 5 000 FCFA ». Lors des perquisitions, une bonbonne de protoxyde d’azote et une balance électronique ont aussi été découvertes.

Les qualifications retenues dans le dossier relèvent à la fois du pénal et du sanitaire: association de malfaiteurs, détention de substances psychotropes en vue de trafic, trafic illicite de médicaments, exercice illégal de la profession de pharmacien, mise en danger de la vie d’autrui et complicité d’interruption de grossesse. Ces éléments factuels montrent que l’affaire dépasse le simple commerce de stupéfiants et touche des médicaments soumis à réglementation stricte.

L’analyse des faits soulève une interrogation factuelle importante: les communiqués et les actes d’enquête relayés dans la presse mettent l’accent sur l’opération policière et les arrestations, sans mention explicite d’une enquête administrative ou d’un contrôle engagé par les autorités sanitaires compétentes. Le dossier judiciaire comprend une qualification d’exercice illégal de la pharmacie, ce qui place l’affaire dans un champ où la police et les agences de santé publique ont des responsabilités différentes et complémentaires.

Comparer la valeur estimée du stock au prix déclaré pour une boîte d’Alpraz illustre l’ampleur du phénomène: dix millions de FCFA divisés par 5 000 FCFA équivalent environ à 2 000 unités échangeables au détail, une échelle qui dépasse la consommation d’un groupe restreint. De même, la présence conjointe de psychotropes tels que l’alprazolam, le diazépam et le tramadol rend explicite le caractère médical et réglementaire des produits saisis, non seulement leur usage récréatif.

Les faits documentés montrent aussi des indices logistiques d’un circuit de redistribution: balance électronique, bonbonne de protoxyde d’azote et conditionnements variés. Ces preuves matérielles renforcent la nécessité d’un contrôle ciblé sur la chaîne d’approvisionnement des médicaments et sur l’exercice professionnel pharmaceutique, au-delà de la seule répression pénale.

L’affaire telle que décrite par les éléments d’enquête pose donc une question pratique: la découverte d’un stock évalué à une dizaine de millions de FCFA et composé de médicaments contrôlés appelle, par nature, l’intervention conjointe des autorités judiciaires et sanitaires pour clarifier la provenance des produits et prévenir de nouvelles détournements. Si l’action policière a permis des interpellations et des saisies, les informations publiques disponibles n’indiquent pas la mobilisation visible des mécanismes de régulation pharmaceutique chargés d’identifier les failles dans la distribution des médicaments. Le dossier reste orienté vers la qualification pénale; la traçabilité et la responsabilité des circuits d’approvisionnement exigent pourtant des réponses supplémentaires.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Amsatou N.
Mis en ligne : 20/09/2026

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