Mody Niang, intellectuel et ancien président du conseil d’administration du quotidien Le Soleil, a soutenu récemment Ousmane Sonko dans ses accusations sur des flux financiers vers la cité religieuse de Touba, au Sénégal.
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Suite de l’article : Il a évoqué des transferts sous Abdoulaye Wade et Macky Sall et un épisode de 200 millions. Il a nommé Pape Diop et Samuel Sarr et dénoncé l’usage de fonds politiques et des détournements de deniers publics.
Les déclarations interviennent alors que la polémique entourant les transferts vers Touba alimente des tensions politiques et religieuses dans le pays depuis plusieurs semaines.
L’analyse des éléments cités par Mody Niang montre une posture de dénonciation publique fondée sur des épisodes déjà évoqués dans le débat national. Il rappelle un dossier ancien où 200 millions auraient été initialement destinés à Serigne Cheikh Saliou puis remis à Me Madické Niang, et il évoque la construction de villas de grand standing à Touba. Selon ses propos, « De l’argent volé a toujours été versé à Touba, aussi bien du temps de l’ancien président-politicien que de son successeur », formule qui synthétise une accusation de continuité historique. Il incrimine les mécanismes de financement politique et associe ces transferts à des détournements: « Tout cela n’était possible qu’avec les fameux fonds politiques et les détournements de deniers publics. »
Les faits avancés posent plusieurs constats vérifiables et lacunes factuelles simultanément. Les épisodes rappelés constituent des allégations récurrentes reprenant des noms et des montants, mais la tribune n’apporte pas de nouveaux documents judiciaires ni de preuves matérielles publiées à l’appui des affirmations. Les accusations publiques mêlent références à des bénéficiaires présumés et descriptions d’opulence immobilière sans indication d’enquêtes indépendantes en cours ou d’inculpations formelles. Cela limite la portée probante des assertions et maintient le débat sur le terrain politique plutôt que judiciaire.
La mise en récit historique — confrontation des années Wade et des années Sall — fonctionne comme comparaison politique et permet de suggérer une continuité systémique. L’utilisation répétée de récits d’opulence et de transferts généralisés transforme ces allégations en instrument de mobilisation politique, en résonance avec des accusations contemporaines portées par Ousmane Sonko. En l’absence de procédure publique transparente, ces éléments alimentent la controverse sans clarifier les responsabilités individuelles.
Des faits concrets sont toutefois documentés dans le débat public: la mention d’un versement de 200 millions, le nom de Me Madické Niang comme porteur de fonds, et l’existence d’immeubles de forte valeur à Touba qui ont été signalés à plusieurs reprises par la presse et par des témoins locaux. L’usage du terme « fonds politiques » renvoie à des pratiques de financement souvent opaques dans le paysage politique national, ce qui explique la répétition des soupçons autour des circuits financiers.
En somme, la tribune de Mody Niang rassemble et dramatise des accusations historiques et contemporaines en priorisant la dénonciation publique plutôt que la présentation de pièces nouvelles et vérifiables. Cette stratégie alimente un débat vif mais laisse subsister un déficit d’enquête indépendante et de procédure judiciaire formelle, conditions nécessaires pour transformer des accusations en responsabilités établies et pour permettre une clarification des faits allégués.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Serigne Fallou T.
Mis en ligne : 01/08/2026
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