Le 23 mai 2024, K. Fall, 24 ans, s’est présentée à l’hôpital Ndamatou de Touba avec le corps sans vie de son nouveau-né; le personnel médical a relevé des traces de blessures et des signes d’étouffement.
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Suite de l’article : L’enquête a établi que la jeune femme avait dissimulé sa grossesse, accouché seule et avoué avoir étouffé l’enfant. L’auteur de la grossesse est A. Diop, guérisseur âgé de 76 ans.
La Chambre criminelle de Diourbel a jugé l’affaire: K. Fall a été condamnée à six ans de réclusion criminelle pour infanticide, tandis qu’A. Diop a reçu deux ans de prison ferme et une amende de 100 000 F CFA pour charlatanisme. Le procureur avait requis la perpétuité contre la mère et cinq ans de prison contre le guérisseur.
La jeune femme avait expliqué aux enquêteurs qu’elle voulait cacher que l’enfant n’était pas de son époux; le dossier fait état d’un rituel prescrit par le guérisseur composé de poudres, d’un caméléon mort, d’un linceul et d’un rapport sexuel. Le personnel hospitalier a alerté la justice après avoir constaté des lésions et des signes asphyxiques sur le nourrisson.
Le contraste entre les faits et les peines prononcées constitue l’élément central du dossier. La procédure a documenté une succession d’actes: dissimulation de grossesse, accouchement clandestin, mise à mort du nouveau-né et prescription d’un rite impliquant des éléments animaliers et un acte sexuel imposé par une personne en position d’autorité. Sur la base de ces éléments, le procureur avait demandé des peines nettement plus sévères, ce qui permet de mesurer l’écart entre la réquisition et le jugement rendu.
La condamnation pour charlatanisme portée contre A. Diop se limite à deux ans d’emprisonnement et à une sanction pécuniaire; ce seuil punitif apparaît faible face aux conséquences directes du rituel prescrit. La justice a retenu la qualification de charlatanisme, mais la peine prononcée met en regard l’implication du guérisseur dans la survenue du drame et la responsabilité pénale liée au rapport sexuel imposé dans le cadre du rite. La différence de gravité entre la condamnation de la mère et celle du guérisseur soulève des questions factuelles sur l’efficacité des outils juridiques face aux pratiques mystiques qui entraînent des violences physiques.
L’affaire illustre plusieurs mécanismes vérifiables: la vulnérabilité des jeunes femmes qui dissimulent une grossesse, le recours à des praticiens traditionnels pour résoudre des tensions familiales, et la persistance de rites impliquant des objets et des actes potentiellement dangereux. Comparée à la réquisition du ministère public, la peine infligée pour charlatanisme est nettement plus légère; comparée à la peine pour infanticide, la sanction du guérisseur est de moindre durée et de moindre amplitude financière.
Des études sanitaires et judiciaires soulignent que l’accouchement isolé et la dissimulation de grossesse augmentent les risques médicaux pour la mère et pour l’enfant, ce qui rend factuelle la gravité des circonstances de ce cas. L’enquête et le dossier d’audience donnent un aperçu concret des pratiques ritualisées qui ont précédé le décès du nourrisson et qui ont engagé des responsabilités pénales distinctes pour la mère et pour le praticien traditionnel.
Le verdict prononcé par la Chambre criminelle de Diourbel consigne des condamnations fermes, mais il laisse émerger une interrogation factuelle sur la capacité des sanctions à prévenir des rituels mortifères et des abus mystiques. Le dossier met en lumière l’écart entre les violences infligées et la réponse pénale, en posant la question de l’adéquation des peines et de la protection judiciaire des personnes les plus exposées. Le sort de l’enfant et les circonstances attestées par l’enquête restent au centre d’un débat juridique et social que les éléments de ce dossier rendent difficile à apaiser.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Safiatou D.
Mis en ligne : 21/08/2026
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