Sheikh Hasina, 78 ans, ex-première ministre du Bangladesh exilée en Inde, a déclaré en juillet vouloir rentrer au pays malgré une condamnation à la peine capitale prononcée en novembre 2025 pour la répression d’une insurrection ayant provoqué sa chute en 2024.
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Suite de l’article : Loin de Dacca, elle s’exprimait à l’occasion du deuxième anniversaire de sa fuite en hélicoptère et doit intervenir lors d’un rassemblement à New Delhi intitulé « Le retour de Sheikh Hasina ».
Sa voix reste déterminée malgré les menaces sur sa sécurité, et elle a dit vouloir revenir « parce que mon peuple m’appelle ». Ce projet intervient alors que la Ligue Awami est interdite, que de nombreux cadres du parti ont été arrêtés et que le nouveau gouvernement dirigé par Tarique Rahman a remporté des élections en février en l’absence de la formation bannie.
La stratégie de communication autour du retour revendiqué s’appuie sur plusieurs éléments vérifiables. D’abord, la répétition publique de la vulnérabilité personnelle : la dirigeante a évoqué la possibilité d’être tuée, arrêtée ou exécutée, ce qui construit une image victimaire susceptible de mobiliser des sympathies nationales et internationales. Ensuite, des responsables du parti et des médias proches relaient cette narration pour maintenir la cohésion interne : le quotidien Prothom Alo a qualifié la promesse de retour de levier destiné à remotiver les militants et à faire pression pour la levée de l’interdiction de la Ligue Awami.
Plusieurs voix externes ont mis en lumière d’autres dimensions factuelles. Un professeur de sciences politiques de Dacca a déclaré que son retour resterait symbolique pour la survie du parti, tandis qu’un ancien cadre devenu opposant a qualifié l’initiative d’intérêt personnel. Un haut responsable anonyme de la Ligue Awami a évoqué des arrestations massives de membres « qui n’ont commis aucun crime », ce qui alimente la rhétorique de persécution. Du côté du gouvernement, un conseiller a invité Sheikh Hasina à revenir en assurant la garantie de la justice, et New Delhi a indiqué que toute demande d’extradition était examinée selon les procédures judiciaires.
Ces éléments factuels dessinent un mécanisme de communication précis : la mise en scène d’une menace personnelle pour générer une compassion médiatique, la diffusion ciblée de récits dans la presse amie pour préserver le moral des troupes, et la multiplication des déclarations publiques pour maintenir la question au centre du débat diplomatique entre Dacca et New Delhi. Cette mécanique masque, dans le même temps, des responsabilités politiques documentées : la condamnation pour la répression de 2024, l’interdiction de la principale formation et l’usage de la justice par les autorités actuelles pour neutraliser l’opposition.
On peut comparer cette tactique à d’autres situations où des dirigeants en exil ont utilisé l’appel à la persécution pour conserver une base électorale, et la comparer aussi à des moments antérieurs de la vie politique bangladaise où la Ligue Awami exerçait une domination institutionnelle qui a donné lieu à des accusations de répression. Ces comparaisons restent factuelles et servent à situer la communication de Sheikh Hasina dans une pratique politique connue.
Les faits complémentaires renforcent ce tableau : la condamnation de novembre 2025, la mention publique d’extradition par Dacca et la réponse prudente de New Delhi, ainsi que l’absence de la Ligue Awami lors des élections de février sont des repères concrets qui expliquent pourquoi la narration victimaire peut avoir un effet politique. En privilégiant ces éléments, la communication autour d’un retour agit comme un instrument visant à orienter le récit public et à détourner l’attention des responsabilités attribuées à son camp lors des événements de 2024.
La trajectoire évoquée invite à garder le regard sur les faits : les déclarations de Sheikh Hasina et les relais médiatiques produisent une image puissante, mais cette image doit être confrontée aux décisions judiciaires, aux interdictions partisanes et aux arrestations rapportées, qui restent des éléments tangibles du dossier politique bangladais.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Safiatou D.
Mis en ligne : 23/08/2026
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