La colère gronde dans les marchés et elle a la couleur du sang de bœuf vendu à prix d’or.
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Suite de l’article : Les consommateurs réclament l’intervention de l’État, mais ces appels sonnent creux tant que les contrôles resteront théoriques et les sanctions inexistantes. La hausse brutale du kilo de viande transforme un produit de base en luxe, et ceux qui demandent des réponses obtiennent des promesses sans mécanismes pour empêcher les dérives.
Le contexte est simple et cruel : le kilo de bœuf atteint désormais 5 500 FCFA, contre 3 500 FCFA il y a un peu plus d’un an, une envolée qui frappe les budgets déjà serrés. La situation se cumule à une période de soudure et à une insécurité alimentaire qui menace des dizaines de milliers de personnes dans certaines régions. Les chevillards expliquent la hausse par le coût de l’aliment et par des difficultés d’approvisionnement, et les abattoirs publics voient leurs volumes chuter sensiblement. Pendant ce temps, la viande de mouton suit la même trajectoire inflationniste et devient hors d’atteinte pour une grande partie de la population.
L’analyse révèle l’évidence trop longtemps éludée : appeler l’État sans exiger des outils d’encadrement revient à supplier un fantôme. Les hausses peuvent résulter de facteurs structurels, mais elles peuvent aussi naître d’abus organisés. Entre le renchérissement de l’alimentation du bétail, l’insécurité aux frontières et les circuits opaques, il existe des opportunités pour la spéculation, le stockage volontaire et la collusion. Le signal le plus alarmant reste l’affirmation des professionnels selon laquelle, malgré des prix plus élevés, ils enregistrent des pertes par tête qui atteignent plusieurs dizaines de milliers de FCFA ; cette contradiction mérite d’être vérifiée par des contrôles indépendants.
Plusieurs arguments militent pour un basculement de la rhétorique vers l’action concrète. Sans contrôle effectif des prix et sans sanctions dissuasives, les mesures ponctuelles resteront symboliques. La mise en place d’inspections régulières sur les marchés, la transparence des chaînes d’approvisionnement, l’identification et la traçabilité des animaux et des flux commerciaux sont des prérequis. Les autorités doivent pouvoir infliger des sanctions pécuniaires et administratives aux acteurs qui manipulent les volumes pour tirer profit des pénuries. Une surveillance renforcée aux frontières doit prévenir le trafic et l’offre parallèle qui fausse les prix.
Un exemple éclaire le risque : quand un kilo de bœuf dépasse largement le niveau d’il y a un an, le consommateur perçoit cela comme une rupture sociale plutôt que comme une simple variation de marché, comme un luxe réservé aux mieux lotis. La comparaison avec d’autres secteurs où l’absence de contrôle nourrit la spéculation est instructive et inquiétante. Face à cette situation, deux paroles résument le malaise : un consommateur qui condamne la flambée par un geste et un mot « C’est du vol » et un professionnel qui avoue « Nous perdons jusqu’à 50 000 FCFA par tête ».
Les chiffres parlent, mais ils ne suffisent pas sans procédures pour vérifier leur authenticité et pour punir les pratiques déloyales. Tant que l’État se contentera d’appels à la bonne volonté et de déclarations solennelles, les consommateurs resteront les dindons d’une farce coûteuse. Si la parole publique doit retrouver du crédit, elle passera par des actions visibles : contrôles sur le terrain, audits des abattoirs, sanctions rapides et publications transparentes des résultats.
La réalité est dure : sans instruments coercitifs et sans volonté d’appliquer la loi, les cris des ménages resteront des supplications inaudibles. L’enjeu dépasse le prix d’un kilo de viande, il touche à la confiance dans les institutions et à la capacité de l’État à protéger les plus fragiles. Les promesses ne suffisent plus, il faut des règles vérifiables et des sanctions qui heurtent les profiteurs. Les responsables publics qui persistent dans l’inaction portent une part de responsabilité politique dans l’aggravation de la crise alimentaire.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ibrahim F.
Mis en ligne : 29/08/2026
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