Une escroquerie liée à un faux projet immobilier aux Almadies, à Dakar, a permis d’extorquer près de 100 millions de FCFA à des souscripteurs résidant en France.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Parmi les personnes visées, Moussa Diallo affirme avoir versé 85 millions de FCFA à I. Diop, présenté comme le représentant local, au cours des derniers mois. Les promoteurs ont fourni des actes d’attribution falsifiés attribués à la Commission de contrôle des opérations domaniales.
Les souscripteurs ont ensuite saisi la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol et porté plainte auprès de la Division des investigations criminelles. La DSCOS a constaté que les documents étaient faux, et I. Diop a restitué environ 55 millions de FCFA en affirmant être un intermédiaire; l’enquête de la DIC se poursuit.
Le dossier illustre le mécanisme mis en œuvre par les auteurs de la fraude: promesses d’acquisition de parcelles sur un domaine huppé, production de faux actes supposés émaner de la CCOD, puis demandes successives de versements sous divers motifs. Les paiements incluent 7 millions de FCFA présentés comme honoraires d’un géomètre et une demande finale de 4 millions de FCFA présentée comme « frais d’accélération » des titres dans un hôtel dakarois. Ces éléments montrent comment la combinaison de documents falsifiés et de sollicitations répétées crée une apparence de légitimité, suffisante pour convaincre des investisseurs éloignés.
La fragilité du contrôle administratif apparaît au cœur du problème. La possibilité d’attribuer des actes au nom d’une instance domaniale sans vérification rapide permet la circulation de faux instruments juridiques. La DSCOS a confirmé que les pièces produites ne correspondaient pas aux registres, ce qui révèle une dépendance aux documents physiques et à la bonne foi des acteurs. Cette dépendance est d’autant plus problématique pour la diaspora qui achète à distance: la distance empêche souvent la vérification en temps réel, et la confiance personnelle remplace le contrôle formel.
La configuration factuelle du dossier permet de dégager plusieurs constats vérifiables. D’abord, la nature des montants versés et la fragmentation des paiements facilitent le blanchiment rapide des fonds. Ensuite, la reproduction d’un logo ou d’un intitulé officiel sur un document suffit fréquemment à tromper des acheteurs non spécialisés. Enfin, l’intervention tardive des services compétents limite la possibilité de bloquer les transferts avant dissipation des fonds.
Comparé à un achat appuyé par un titre foncier enregistré et vérifié auprès des services domaniaux, ce type d’opération repose davantage sur des promesses et sur des pièces apocryphes. Comparé aussi à des procédures qui exigent une vérification notariale directe, l’absence d’une étape de contrôle fiable rend les transactions vulnérables. Ces comparaisons factuelles mettent en lumière des déficiences concrètes du dispositif actuel de sécurisation des transactions foncières.
Le volet judiciaire est engagé: la DIC poursuit les investigations et des plaintes ont été déposées. Les victimes réclament une meilleure protection des investissements fonciers de la diaspora et une clarification des responsabilités des intermédiaires. Une victime a résumé sa situation par ces mots: « J’ai versé 85 millions de FCFA et je me retrouve sans terrain ni titre. »
L’affaire des Almadies illustre des lacunes opérationnelles et réglementaires qui ont permis une fraude sophistiquée contre des investisseurs à l’étranger. Les faits réunis dans ce dossier soulignent des faiblesses dans la vérification des actes domaniaux, dans le contrôle des intermédiaires et dans la rapidité d’intervention des services compétents. Tant que ces insuffisances persistent, des investisseurs éloignés continueront d’exposer leurs fonds à des risques tangibles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Djibril N.
Mis en ligne : 29/07/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





