Guinée : Six corps enterrés à la hâte, que s’est-il réellement passé ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 04/09/2026 05:09:00

Guinée : Six corps enterrés à la hâte, que s’est-il réellement passé ?

Je suis écœuré et furieux devant l’image de six corps enterrés à la hâte, les yeux bandés et les mains liées, découverts dans une forêt près d’Allasoyah, dans la préfecture de Forecariah.

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Suite de l’article : Cette fosse commune, révélée par des jeunes qui ramassaient du bois, n’est pas seulement une horreur humaine: elle pose une question simple et terrible que je refuse de contourner: que faisaient les forces de sécurité pendant que des hommes étaient exécutés et jetés comme des déchets ?

Les faits demandent des détails concrets pour être compris. La fosse se situe à environ cent kilomètres au sud-est de Conakry. Les victimes sont des hommes, dont un d’environ soixante ans. Les autorités locales et le procureur se sont rendus sur place, les corps ont été exhumés et transportés à l’hôpital de Forecariah, et une enquête judiciaire a été ouverte. On signale aussi qu’une autre fosse contenant quatre corps avait été découverte dans la même préfecture en octobre dernier. Ces éléments tracent un paysage inquiétant: des meurtres non élucidés, des dépouilles inconnues des villageois, une répétition qui ressemble à une dérive.

Je refuse d’accepter la version complaisante qui réduirait cette affaire à un coup de folie isolé. La présence d’une fosse commune à l’intérieur d’un territoire habité révèle d’abord un contrôle territorial défaillant. Qui protège le territoire si des cadavres sont enterrés sans alerter immédiatement les forces en charge de la sécurité ? Où sont les patrouilles, les renseignements, les barrières qui devraient empêcher l’installation d’une telle pratique macabre ? Quand la population ne peut reconnaître les victimes, cela signifie aussi que des personnes circulent et disparaissent sans laisser de trace, hors de tout contrôle administratif.

La question de la complicité possible n’est pas une accusation jetée au hasard: l’impunité favorise les violences. Quand l’État ne parvient pas à garantir la sécurité élémentaire, certains acteurs s’engouffrent dans le vide qu’il laisse. La négligence peut être le produit d’incompétence, d’un manque de moyens ou d’une organisation défaillante, mais elle peut aussi masquer des complicités locales, des protections tacites, des arrangements silencieux. J’exige que l’enquête ne se contente pas de constats de surface et qu’elle remonte la chaîne des responsabilités, des exécutants jusqu’aux éventuels lieutenants et responsables locaux.

Sur le plan pratique, la scène appelle une expertise médico-légale indépendante, l’analyse des trajectoires et des lieux, l’interrogation des mouvements de population dans la zone et la vérification des rapports de présence des unités de sécurité. Le fait que des villageois n’aient pas reconnu les corps est une piste à explorer pour comprendre qui sont les victimes et qui les a amenées là. L’histoire de Forecariah commence à ressembler à une carte de failles plutôt qu’à un territoire protégé.

Je ne me fais aucune illusion sur la facilité de ces enquêtes dans un contexte où la confiance entre la population et les institutions est laminée. Pourtant, je considère inacceptable que l’État laisse prospérer un climat où l’on enterre des hommes comme on enterre des déchets. La justice doit être vigoureuse, transparente et conduite par des acteurs qui n’ont rien à gagner à étouffer la vérité.

Je terminerai sans formule toute faite: la découverte de cette fosse commune oblige chacun des responsables, uniformés ou civils, à rendre des comptes et à restaurer le minimum de sécurité qui protège la vie humaine. Je garderai en tête les visages consternés des habitants et je continuerai à exiger que ces cas ne tombent pas dans l’oubli bureaucratique. Le silence serait une complicité morale que je refuse de partager.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 04/09/2026

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